‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 10 sur 357 · HisL littér, t. VII, p · texte numérisé non relu

HisL littér, t. VII, p

4. Ce fut dans l'un de ces synodes qu'on institua la Trêve de Dieu, après que les prélats rassemblés eurent eux-mêmes juré d'oublier leurs querelles, lïéfélé. Conciles (trad. Delarc), t. VI, p. 277-281, in-8<». 1871.

5. Cluny au onzième siècle, par l'abbé Cucherat. In- 12. 1873.

que la réforme parte de Rome, comme do la pierre angulaire du salut des hommes ^ »

Par les principes supérieurs qu'elle représentait, comme par le rang qu'elle occupait dans TÉglise, la papauté, si abaissée qu'elle fût, était seule en effet capable d'exercer sur le clergé et sur le monde une action efficace. Rome, déshonorée par ses pontifes, no laissait pas d'être la capitale de la chrétienté. De toutes les parties de l'Europe, on se rendait au palais de Latran *. En 1027, sous le pontiflcat de Jean XIX, on avait vu à Rome le roi d'Arles Rodolfo, l'empereur Conrad II et le plus puissant des souverains du Nord, Canut, maître alors do l'Angleterre et du Danemark et bientôt de la Norwège '. Sous ce même pontificat, des évêques, rassemblés au synode de Limoges, avaient déclaré qu'au siège apostolique appartenait la juridiction de l'Église tout entière *. On méprisait les papes; on respectait la papauté. Benoit IX, dont on savait en Europe les excès et les crimes, y était reconnu comme pontife. Plusieurs archevêques d'Allemagne lui avaient demandé le pallium, signe do leur dignité; et Casimir, duc de Pologne, qui avait embrassé la vie monastique avant d'être appelé à régner, s'était adressé à lui pour être relevé de ses vœux *.

Ce qui surtout contribuait à maintenir le prestige de cette papauté^ tombée, c'étaient les souvenirs de sa grandeur passée. On se rappelait des princes s'humiliant devant le saintsiège, et d'autres lui demandant la consécration de leur pouvoir. C'était un pape, Léon III, qui, posant le diadème sur le front de Charlemagne, avait rétabli en sa personne l'Empire romain d'Occident; et, quand la race de celui-ci fut éteinte.

i. £p. IL 19. Migne, t. 144.

2. « Ad Lateranense palatium à diversis populis de toto terrarum orbe eoofluitur. » Petr. Dam. ep. II, i, ibid,

3. Voir dans Mansi, Conc. t. XIX« p. 499, la lettre où ce prince fait luimôme le récit de son séjour à Rome.

4. « Judicinm totius EccJesi» maxime in apostolicà Romanà sede constat. »

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