Quodam jure hereditario. » Bonitho, 1. V
3. Bonitho, 1. V. — Desider. Dialog. 1. III. — Cf. Regesta pontifie. Jaffé- Wattenbach, anno 1044.
4. Bien que le schisme ne paraisse avoir été définitif qu'après une inutile tentative faite en 1053-1054 par Léon IX pour rapprocher les deux Églises* il date en réalité de TafTaire Photius, et, dès la fin du dixième siècle» on le considérait comme accompli. Voir ci-dessous la citation d'Arnulf, èvéque d'Orléans.
l'unité ecclésiastique était sensiblement affaiblie. Sans parler des rivalités qui divisaient le clergé local et mettaient aux prises l'abbé avec Tévêque, l'évêque avec le métropolitain, la primauté de Rome était ouvertement méconnue. Los prélats les plus considérables d'Allemagne, d'Italie, de France, affectaient à l'égard du siège apostolique une entière indépendance *. Le christianisme lui-même s'était amoindri dans son empire. Déjà menacé au midi de l'Europe par les Sarrazins, il avait dû en Asie reculer devant l'islamisme qui s'avançait alors vers Constantinople ^; et c'était à peine si l'on comptait cinq évoques dans l'Église d'Afrique, qui jadis avait envoyé deux cent quinze prélats au concile de Carthage '.
Aux yeux de ceux des contemporains qu'attristait le spectacle de ces désordres, il semblait que le monde fût entré sans retour dans les routes de la perdition *. Fulbert, évoque de Chartres, mort en 1029, s'écriait : « Église des Gaules, aujourd'hui si désolée, où trouver pour toi un espoir de salut M » Ce n'est pas que la foi fût éteinte dans les populations; elle paraissait, au contraire, s'être ravivée par l'excès des maux qui pesaient sur la société. Jamais les pèlerinages aux tom-
1. Notamment les archeTêques de Mayenco, de Cologne, de Brème, de Milan, de Ravenne, de Reims.
2. Deux fois déjà, au septième et au huitième siècle, Constantinople avait été assiégée par les Arabes. Depuis cette époque, les empereurs grecs avaient presque toujours été en guerre avec les Infidèles. C'est du règne de Constantin IX (1042-1054) que datent les progrès des Turcs en Syrie et en Asie.
3. Léo IX ad episc. Garthag. Jaffé-Wattenbach, n» 4304. En 991, Arnulf, évoque d'Orléans, signalait en ces termes les pertes faites par l'Église catholique : « Post imperii occasum, hsBC urbs (Roma) Alexandrinam ecclesiam perdidit, Antiocenam amisit, et, ut de Africa taceamus atque Asia, ipsa jàm Ëuropa discedit. Nàm Conslantinopolitana ecclesia se subduxit, interiora HispanisB ejus judicia nesciunt. Fit ergô discessio, non solummodo gentium, sed etiam ecclesiarum. » Gerberti acta concilii Remensis, Pertz, ss. III, p. 676.
4. Rad. Glaber, II, 6. — L'un des biographes de Léon IX, Bruno, évoque de Segni, commence la vie do ce pape par un tableau do l'abaissement général de l'Église, tableau qu'il termine en disant: « Et, nisi Dominus roliquisset nobis somen, quasi Sodoma finisse mus. »
5. « Qu8B jam erit spes salutis ulterior ? » Ep. 2, Migne Patrol. laL 1. 141.
beaux des saints n'avaient été aussi fréquents; et, comme si l'on eût voulu se rapprocher des sources de la religion, des hommes de toute condition et des femmes même se rendaient, à travers mille périls, jusqu'à Jérusalem K
Cependant, par une de ces tendances qui marquent ordinairement dans l'histoire les époques d'anarchie, à mesure que ces maux se prolongeaient, un désir d'ordre et de discipline naissait dans les esprits *. En France, en Espagne, en Italie, en Allemagne, on vit des monastères retourner spontanément à l'étroite application do leurs statuts, ou d'autres se fonder dont la règle rigide était une protestation contre le trouble des temps ^. Gagnés par ce mouvement, les évêquos de certains diocèses se réunirent en synodes et rappelèrent le clergé à l'observation des canons *. On comprenait que la régénération do l'Église devait précéder celle de la société, et qu'il appartenait au clergé de corriger le monde par son exemple. Abolir le trafic des dignités ecclésiastiques et, par le retour au célibat comme par le rétablissement des élections canoniques, arracher le clergé à la corruption du siècle, tel fut le premier objet que se proposèrent les hommes qui appelaient de leurs vœux cette régénération. L'Ordre de Cluny, dont rinfluence s'étendait par ses nombreux monastères sur une portion de l'Occident, se fit le principal propagateur de ces idées de réforme '. Ce n'étaient là toutefois que des efforts partiels. On sentait que la papauté seule avait l'autorité nécessaire pour unir et accroître ces efforts. « Si Rome ne revient pas dans la voie des améliorations, écrivait plus tard Pierre Damien, le monde restera abîmé dans l'erreur; il faut