Mansi. Conc. XX, 1209. Cf. Héfélé, Conc. t. VII, p. 94. y
hension de <( la brutalité allemande ^ » il se décida à transférer en France le concile qu'il devait d'abord présider à Augsbourg. Il jugea plus prudent d'ouvrir ces débats dans un royaume où la majorité du clergé était gagnée de longue date aux doctrines romaines, et dont le souverain avait donné récemment un gage éclatant de soumission au siège apostolique. Entré en France par la Bourgogne, il instruisit Henri V et les évoques allemands de sa détermination ', puis, passant par Dijon, Tours et Chartres, parvint le 30 avril 1107 à Saint- Denis. Il y fut reçu avec les témoignages de la plus grande dévotion par Philippe I^*" et son fils Louis, depuis Louis VI, auxquels il demanda et qui lui promirent leur protection '. De là, accompagné d'un certain nombre d'évêques français, il prit la route de la Champagne et se dirigea vers Troyes, lieu fixé pour le concile, lorsque, à Châlons-sur-Marne, il rencontra une ambassade de Henri V, composée de l'archevêque de Trêves, de quelques autres prélats et de plusieurs comtes.
Les craintes de Pascal n'étaient que trop fondées. Henri V refusait d'assister ou même de se faire représenter au concile, ne voulant pas que les droits de l'Empire fussent débattus ccdans un royaume étranger. » Il avait tenu néanmoins à notifier au pape de quelle manière il entendait ces droits*, et ce n'étaient pas des propositions conciliantes que ses députés étaient chargés de transmettre. Prenant la parole sur la question en litige, l'archevêque de Trêves remontra que, de temps immémorial, l'assentiment de l'empereur était d'abord demandé
1. « Proterviam Teutonicorum declinans. » Ekkehard. anno 1107.
2. On ne sait au juste ni de quel lieu, ni à quelle date Pascal envoya en Allemagne des lettres de convocation pour le concile qu'il devait tenir en France ; mais le fait de cette convocation résulte des lettres adressées plus tard par lui (Jaffé-Wattenbacli, n» 6143) aux prélats allemands qui n'avaient pas assisté au concile.