‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 106 sur 357 · Suger. Gesta Ludov. p. 26, édit. Molinier, in · texte numérisé non relu

Suger. Gesta Ludov. p. 26, édit. Molinier, in

4. « Hex Heinricus... se concilio vicinum, non tamen prsesentem, eum nonnuUis episcopis et optimatibus exhibuit ; cum quibus inito consilio» legatosad apostolicum transmisit,per quos tam.ipsi quam univers» synode potestatem constituendorum episcoporum privilegiis apostolicis Garoloimperatori concossam notiûcaret. Super qua quœstione, quia in aliène regno quidquam. définir i...noa patitur.. » Ekkehard. anno 1107.

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pour le choix .des évoques ; que, cet assentiment une fois donné, Tévêque était élu par le clergé et le peuple selon les règles canoniques, et que ce prélat se présentait ensuite devant le souverain pour recevoir de lui, en raison des régales, l'investiture de son siège par la crosse et Tanneau et lui prêter foi et hommage *. « A ces conditions seules, disait-il, l'élu peut posséder légitimement les cités, châteaux, marches, péages et, en général, tous les domaines et les droits temporels qui relèvent de la puissance impériale ; et, si le pape accepte ces conditions, le sacerdoce et l'Empire seront unis heureusement pour la gloire de Dieu. » Il était impossible que Pascal souscrivît à des conditions ainsi formulées ; c'eût été démentir toutes ses déclarations antérieures. Il flt répondre par l'évoque de Plaisance que, « si un prélat ne pouvait être élu sans l'assentiment de l'empereur, c'était remettre en servitude l'Église affranchie par le sang de Jésus-Christ ; qu'en conférant l'investiture par la crosse et l'anneau, ce monarque usurpait sur les droits de Dieu, et que le prêtre, de son côté, dérogeait à son onction en plaçant sa main dans des mains séculières ensanglantées par l'épée. » Dès que l'évéque de Plaisance eut achevé sa réponse, les envoyés allemands, frémissant d'une colère qu'ils avaient peine à contenir et faisant sans doute allusion au dessein qu'avait formé Henri V d'aller sous peu en Italie ceindre la couronne impériale : « Ce n'est pas ici, s'écrièrent-ils, mais à Rome que se videra la querelle, et, s'il le faut, ce sera par le glaive '. »

1. Pour les détails de cette entrevue de Ghâlons-sur-Marne, Yoir Suger, ibid. p. 26-28. À Tendroit du texte correspondant aux dernières lignes qui Tiennent d'être citées^ on lit : « deinde... peticione populi, electione cleri,... consecratum libère nec simoniace ad imperatorem... ut anulo et virga investlatur redire... » Il ne nous parait pas qu'on doive entendre le mot consecratum dans son sens tïanonique, sans quoi Suger, disant que la consécration de l'élu précédait l'investiture, aurait dit une chose contraire à tous les faits. On conçoit en effet qu'il était de l'intérêt des princes que relu ne fût consacré qu'après avoir reçu l'investiture, et la pensée de Suger doit être que, le choix de la personne agréée de l'empereur ayant été sanctionné par la libre élection du clergé et du peuple, l'élu retournait vers le monarque pour être investi.

2. « Non hic» sed Rome gladiis hec terminabitur querela. » Suger, loc.

On peut s'étonner que, tout en stipulant la liberté des élections ecclésiastiques, le pape n'eût pas offert à Henri V le même accommodement auquel avait adhéré le roi d'Angleterre, et qui satisfaisait en une certaine mesure aux raisons alléguées par rarchevêque de Trêves. En opposant ainsi dans toute leur rigueur les décrets publiésjusqu'ici sur les investitures, il allait inévitablement au devant d'ua conflit. Espérait-il que le lils de Henri IV, redoutant pour lui-même.le sort de son père, finirait par se soumettre, et se flattait-il d'imposer aux autres princes, par cet exemple, l'entière observation de ces décrets ? On est, sur ce point, réduit aux conjectures. Il ne laissa pas, quelques jours après, de célébrer à Troyes le concile qu'il avait annoncé *. Conformément aux intentions du monarque, aucun évéque allemand ne s'y présenta, non plus qu'aucun prince de l'Empire. Ne pouvant rien décider dans cette assemblée sur la question qui en était le principal objet, Pascal voulut montrer du moins qu'il était insensible aux menaces. Il suspendit de leurs fonctions plusieurs des prélats allemands qui n'avaient pas paru au concile ^, et déclara qu'à l'avenir quiconque recevrait l'investiture d'un évêché ou de toute autre dignité ecclésiastique de la main d'un séculier serait frappé de déposition ^ De part et d'autre, on semblait résolu à ne pas céder.

Après avoir séjourné encore quelque temps sur le territoire français, Pascal retourna en Italie *. Il ne tarda pas à connaître les véritables sentiments d'un prince qui, en se révoltant contre son père, avait dit n'avoir cherché que l'intérêt de l'Église. Non seulement, au mépris des défenses du saint-siège, il disposa ouvertement, comme avait fait l'empereur défunt, des dignités ecclésiastiques et en conféra

cit. Dans une lettre qu'en décembre 4110 ou en janvier IHl (voir ci-aprés) Henri V adressait aux Romains, il disait que dôs son avènement il avait eu le projet d'aller à Borne.

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