Dés décembre 1107, il était au palais de Latran
l'investiture par la crosse et Tanneau^; il alla bientôt jusqu'à prétendre qu'à lui seul, "comme s'il eût été tout ensemble « roi et pontife », appartenait le droit d'instituer et de déposer les prélats dans tous les États de l'Empire '.Ne voulant pas sans doute donner lui-même le signal de la lutte, Pascal s'abstint alors de sévir contre le monarque. Par cette indulgence, il faillit compromettre l'accord qu'il avait conclu avec le roi d'Angleterre. L'archevêque de Cantorbéry écrivit au pape que le roi s'étonnait de la patience du saint-siège et qu'il menaçait, dans le cas où Henri V ne serait pas frappé d'excommunication, de recommencer, de son côté, à donner les investitures. « Veuillez donc, ajoutait le prélat, prendre promptement les mesures que vous dictera votre sagesse, afln de ne pas ruiner ce que vous avez su établir ; car notre roi s'enquiert avec soin de tout ce que vous faites à l'égard de ce prince ^ » Pascal répondit à cette lettre en renouvelant publiquement, au mois d'octobre 1108, dans un synode à Bénévent, le décret qu'il avait rendu à Troyes contre les investitures laïques''. 11 manda en outre à Anselme qu'il n'avait pas toléré et no tolérerait jamais que « le roi d'Allemagne » conférât l'investiture des églises. « Nous attendons, il est vrai, que la dureté de cette nation s'adoucisse; mais tenez, pour certain que, si ce prince continue à s'avancer dans les voies coupables où s'est engagé son père, il sentira le glaive de saint Pierre que déjà nous avons commencé de tirer *. »
Ce n'était pas soulement en Angleterre, mais en France et dans tout l'Occident qu'on était attentif à la lutte qui se préparait. Anselme ne devait pas en connaître l'issue. Ce persévérant et courageux défenseur des doctrines romaines mourut au mois d'avril 1109*; et cotte mort, en rendant au roi d'Angleterre une partie de sa hardiesse, le porta, à