‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 108 sur 357 · Eadmer. Hist, novor. 1. IV · texte numérisé non relu

Eadmer. Hist, novor. 1. IV

regard du saint-siège, à des actes, sinon de rébellion, du moins d'indépendance, sur lesquels Pascal, engagé bientôt lui-même en de plus graves difficultés, dut pondant un temps fermer les yeux. Le moment approchait en effet, où les choses allaient se décider entre le saint-siège et TEmpire. Henri V, après avoir terminé des guerres qui l'avaient retenu sur les frontières de l'Allemagne, envoya au pape, vers la fin de cette année 1109, une ambassade solennelle, chargée do lui notifier son arrivée à Rome pour y recevoir la couronne impériale. Pascal répondit aux députés qu'il accueillerait leur maître avec une affection paternelle, « s'il se conduisait en roi catholique et on fils de l'Eglise*. » Afin de mieux éclairer le monarque sur le sens de cette réponse, le pontife, au commencement de l'année suivante, réitérait, dans un concile à Rome, l'interdiction des investitures laïques et publiait un décret aux termes duquel était déclaré sacrilège tout séculier, fût-il prince, qui prétendait s'ingérer en maître dans les affaires de l'Église*. Malgré son apparente fermeté, Pascal n'était pas sans appréhender quelque violence de la part de Henri V. Jugeant utile de pourvoir à sa sûreté, il se rendit dans la Basse Italie et obtint de Roger, duc de Pouille et de Calabre, la promesse de le secourir, au besoin, contre ce prince. Il revint ensuite à Rome et, réunissant les nobles et les principaux do la cité, leur fit prêter le même serment^.

Ces précautions pouvaient ne pas sembler superflues. Au mois d'août 1110, le futur empereur franchissait les Alpes suivi d'une puissante armée, dans laquelle on comptait, avec nombre d'évêques, de ducs et de comtes, environ trente mille hommes'*. Ce n'était pas uniquement pour venir re cevoir une couronne que Henri V avait déployé ce redouta blc appareil. Dans une diète que, quelques mois auparavant,

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