‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 128 sur 357 · Udalrid codex, loc. cit · texte numérisé non relu

Udalrid codex, loc. cit

4. Pour les faits de ce concile, voir, ayec la relation d'Hesson indiquée ci-dessus, le récit d'Orderic Vital, édit. Le Prévost, t. IV. Cf. Héfélé, Conc. t. VII, p. 153-460.

ecclésiastiques, venus de France, d'Angleterre, d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne, assistaient à^cette assemblée. Calixte n'y siégea pas seulement comme le chef religieux de la catholicité; indépendamment des questions d*ordre ecclésiastique, diverses affaires intéressant les princes y furent soumises à son jugement. Dès la seconde session. Ton vit paraître le roi de France, Louis VI, accompagné des principaux seigneurs de son royaume. Il venait porter plainte contre le roi d'Angleterre, avec lequel il était on querelle au sujet de la Normandie, et demander au pape d'interposer son arbitrage. On vit aussi se présenter la comtesse de Poitiers, Hildegarde, se plaignant que son mari, le comte Guillaume, l'eût répudiée pour épouser une autre femme, mariée elle-môme au vicomte de Châtellerault. Le pape, qui tout d'abord avait fait part à l'assemblée de ses négociations avec Henri V, dut alors interrompre les sessions du concile pour aller, suivant ce qui avait été convenu, trouver l'empereur à Mouzon. En annonçant son départ aux prélats :« Vous n'ignorez pas, leur dit-il, les maux que depuis longtemps cette querelle des investitures a causés à notre sainte mère l'Église. Dans l'espoir où nous sommes qu'avec l'aide de Dieu nous obtiendrons la paix qui nous a été promise, nous vous prions d'attendre patiemment notre retour. Mais, si nous nous heurtons encore à la ruse et à la fraude, nous nous hâterons de revenir, et nous aviserons, par le jugement du Saint Esprit et le vôtre, à faire usage du glaive de saint Pierre K »

Les défiances qu'indiquaient ces paroles ne devaient être que trop promptement justifiées. Arrivé à Mouzon, Calixte fut étonné d'apprendre que l'empereur s'y trouvait à la tète d'une armée considérable. Cet étonnement se changea en crainte, quand, ayant envoyé Tun de ses cardinaux vers Henri, il sut que ce prince refusait, sôus divers prétextes,

1. (( Si autem adversarius nobiscum in dolo agere temptaverit, festinanter ad vos revertemur; et., in commentorem fraudis.. judicio Spiritus Sancti et vestro gladium sancti Pétri vibrare temptabimus. > Hessonis Gommentariolas. Udalrici codex, loc. cit.

d'exécuter le traité et demandait que le pape lui-même vînt en conférer avec lui. DansTentourage de Calixte, on ne douta plus que l'empereur ne voulût s'emparer de sa personne comme il avait fait de Pascal *, et le pontife s'empressa de regagner Reims, où il rentra après cinq jours d'absence*. Les séances du concile furent aussitôt reprises. L'un des prélats qui avaient accompagné le pape exposa devant l'assemblée comment, par la perfidie de Henri V, la paix n'avait pu être conclue, et il est à penser que dès ce moment l'on résolut de sévir contre lui. Deux sessions furent encore consacrées à l'examen des affaires ecclésiastiques. Enfin, dans une troisième et dernière session, après qu'on eut rappelé, avec les canons ffur les investitures, les défenses relatives à la simonie et au mariage des prêtres, et publié sur la Trêve de Dieu un long décret qui améliorait, par certains côtés, les décrets antérieurs, on procéda, à l'égard de Henri V, aux mesures de rigueur qui avaient été résolues. A la lueur de quatre cent trente-sept cierges allumés que tenaient les évoques et les abbés, le pontife prononça solennellement l'anathème contre Henri et l'antipape Bourdin, ajoutant que, tant que l'empereur ne se serait pas amendé, ses vassaux et ses sujets étaient déliés envers lui d^ leur devoir d'obéissance ^.

Bien que Calixte eût eu la sagesse de laisser une voie ouverte à la réconciliation, cette sentence, en encourageant les ennemis de Henri V, ne pouvait manquer de l'affaiblir en Allemagne. Il connut bientôt qu'il n'avait plus à compter sur l'appui de l'Italie. Après la dissolution du concile, Calixte était allé à Gisors conférer avec le roi d'Angleterre *, pour apaiser le différend qui s'était élevé entre lui et le roi de France. Se décidant dès lors à gagner Rome, il revint vers

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