‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 147 sur 357 · Pour ce concile, voir Héfôlé, Conc. t. VII, p · texte numérisé non relu

Pour ce concile, voir Héfôlé, Conc. t. VII, p

3. « Plus qnam Moyses hic. Moysl commissa fuit una plebs Israelitica, isti autem universa ecclesia. Plus quam angélus hic. Gui enim angelorum dixit Deus : qascunqne ligaveris super terram, erunt ligata et in eœlis... PrsBter Deum, non est similis ei, nec in terra. » Ce discours^ qu*on trouve dans le recueil des œuvres de S. Bernard, lui a été attribué à tort. Voir ce que Mabillon dit à ce sujet dans son édition des Œuvres de S. Bernard» t. II, p. 735-738, Parisiis, 1690. Cf. Dom GeiUier, Auteurs eccUs.t XXII, p. 458, Paris, 1758. Ce qui parait avoir donné lieu à cette erreur, c'est que, dans

difficilo q'un semblable langage ne lui donnât pas un sentiment de lui-même capable d'égarer sa piété. L'auteur du discours ajoutait, il est vrai, qu'en tenant ce langage il considérait moins les mérites particuliers d'Innocent que le pouvoir dont il était investi *. Cette distinction n'en était que plus dangereuse; c'était dire qu'en dehors de toutes vertus personnelles et par la seule dignité dont il était revêtu, le chef de l'Église était un être presque divin.

Ce concile étendit encore en Europe l'autorité d'Innocent. Pour se voir reconnu de toute l'Europe catholique, il ne lui restait plus qu'à l'être de l'Italie. Lors de l'entrevue de Liège, Lothaire avait promis au pape de le conduire à Rome, et le pape de son côté avait promis à Lothaire de lui conférer la couronne impériale, que, retenu en Allemagne par la révolte des deux Hohenstaufen, il n'avait pu venir recevoir sous le précédent pontificat. Selon ces conventions, Innocent, au commencement de l'année H32, se dirigea vers les Alpes, emmenant avec lui l'abbé de Clairvaux. En passant par Cluny, il y trouva des lettres du patriarche do Jérusalem et de l'évêque de Bethléem, qui l'assuraient de leur obéissance *. C'était un nouvel appui apporté à sa cause. Arrivé dans la Haute Italie, il présida un synode à Plaisance*; puis, sans vouloir entrer dans Milan dont il craignait l'hostilité, il visita les principales villes de la Lombardie, où des privilèges distribués aux églises * et surtout l'ardente parole de Bernard, aidée du respect qu'inspiraient ses vertus, attirèrent au pontife de nombreux adhérents. Lothaire ne tarda pas, à son tour, à descendre en Italie. Il déboucha par la vallée de Trente et vint camper, au mois de novembre, dans les plaines

certains passages que nous ne rapportons pas ici* Tauteur s'est manifestement inspiré de quelques écrits de Bernard, i. « Secundum ofûcium dico, non secundum meritum. »

2. Le pape s'empressa d'annoncer ce fait au roi de France par une lettre datée de Cluny le 2 février 1132 (ep. 79, Migne). Il n'était à Cluny que depuis la veille.

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