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4. L'abbé Vacandard, S. Bernard et le schisme d'Anaclei II en Italie, Revue des questions historiques» t. 45, p. 9, 10, amée 1889.
de Roncaglia. C'est là que le rejoignit Innocent. Obligé de laisser la plus grande partie de ses forces en Allemagne, où Conrad était allé retrouver son frère, Frédéric de Souabe, pour tenter avec lui de relever sa fortune par de nouvelles entreprises *, Lothaire n'était suivi que de deux mille chevaliers *. C'était moins une armée qu'une escorte. Il s'engagea toutefois avec Innocent à travers la Toscane, et, protégé par les flottes de Gènes et de Piso qui gardaient le littoral jusqu'à l'embouchure du Tibre ^, il marcha sur Rome.
Contrairement à ce qu'il aurait pu craindre, les Romains n'opposèrent pas de résistance. Roger, à qui peu auparavant le prince de Capoue, secondé de Sergius, l'ancien duc de Naples, avait infligé une sanglante défaite sous les murs de Nocéra, s'était alors retiré en Sicile *. Privé de son plus puissant appui, Ànaclet, qui se défiait peut-être de la constance des Romains, s'enferma dans le château Saint-Ange, et» se bornant à occuper la rive droite du Tibre, abandonna la rive gauche à Lothaire, qui, accompagné d'Innocent, fit son entrée à Rome le !•' mai ii33. Ne pouvant, avec le peu de forces dont il disposait, contraindre l'antipape à la soumission, il tenta, à la vérité sans succès, de l'y amener par les négociations^. Il eut du moins la gloire, ainsi qu'il l'écrivait aux princes de l'Europe, « de rétablir le père de la chrétienté dans la chaire de Latran •. »
i. OttOQ de Freisingen, parlant de rarrivée de Lothaire en Italie (Ckron» 1. VII, c. 18), dit : « Paulo ante Gonradus... ad patriam repedaverat. »
2. Annal. Esphesf., anno 1132. — « Exercitum... propter diecordiam regni paryum ». Otto Frising. loc. cit. — « Tantillus exercitus ». S. Bernard ep. 139.
3. Il dut ce secours à Bernard, par l'entremise duquel un traité signé à Gorneto, vers le 15 mars 1133, unit les villes de Pise et de Gènes, qui étaient alors en querelle. S. Bernard» ep. 129. — Gafari» Armai. Januens. ad ann. 1132.
4. Falco Benevent. Chron. — Udalrid Codex, n« 259 (Lettre de Tévéque de S^* Agathe aux cardinaux dlnnocent, juiUet 1132). Gf. Pagii not. 6 et seq. apud Baron, anno 1132. Rainulf, comte d'Alife, qui devint plus tard duc de Pouille, s'était joint également au prince de Gapoue.
5. Ernald. o. II, 8. Pour ces négociations* auxquelles parut d*abord se prêter Anaclet, voir l'article cité ci-dessus de l'abbé Vacandard, p. 14, 20.
6. « Nos... patrem nostrum papam Innocentium ad Urbem cum gloria duzimus et Lateranensi cathedrse restituimus. » Pertz, Leg. II, p. 81.
C'était pour Innocont comme la consécration dernière de sa légitimité. Le 4 juin suivant, Lothaire recevait, non dans réglise Saint-Pierre qu'occupait Anaclet, mais dans l'église de Lalran, la couronne impériale *. On scella de nouveau l'union du sacerdoce et de l'Empire. Faisant droit, dans une certaine mesure, aux plaintes que le monarque lui avait adressées à Liège, Innocent défendit par une bulle ' à tout évoque ou abbé élu « dans le royaume d'Allemagne » de s'emparer des régales avant de les avoir sollicitées et de s'être acquitté envers l'empereur de ses obligations féodales '. C'était rendre à Lothaire, mais pour l'Allemagne seulement, les droits qu'au début de son règne il avait volontairement aliénés. Un accord fut conclu en outre au sujet de l'héritage de la comtesse Mathilde, resté jusqu'ici en litige entre les deux pouvoirs. Lothaire garda de cette succession les fiefs impériaux que s'était justement appropriés Henri V, mais il restitua les alleux qu'il obtint ensuite du pape, pour sa vie durant, comme fiefs de l'Église romaine *; et, à cette occasion, l'on vit pour la première fois un empereur prêter au chef de l'Église un serment de vassalité, fait qui parut si extraordinaire qu'on voulut en perpétuer le souvenir par une peinture qu'on plaça, avec une inscription, dans une salle du palais de Latran ^.
Après avoir ainsi réintégré le pape légitime à Rome et reçu, pour prix de son assistance, les insignes de l'Empire, Lothaire retourna en Allemagne. Le schisme persistait néanmoins. Une fois délivrés de la présence des troupes alle-
1. Vita Innocent. i/,ap. Watterich. t.' II, p. 177. —i4nnaZ. Hildesheim. anno
2. 8 juin 1133, Epistolœ Bambergens. n« 28, Jaffô, Biblioth. rer. gôrman. t.V.
3. C'est ainsi que nons parait devoir Ôtre compris ce passage de la bulle : « Interdicimus ne quisquam eorum, quos in Teutonico regno ad pontificatus honorem vel abbatise regimen evocari contigerit, regalia usurpare vel invadere audeat, nisi eadem prius a tua potestate deposcat, quod ex his, quse jure débet tibi, tu» magniûcentisd faciat. » Cf. Zeller, Hist, éCAUtma' gne, t. IV, p. 48.