‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 149 sur 357 · Otto Frising, Gest. FtHder. 1. III, c · texte numérisé non relu

Otto Frising, Gest. FtHder. 1. III, c

mandes, les partisans d'Anaclet, par leurs violences, forcèrent Innocent à sortir de la ville *; et, aux approches de Tannée 1134, tandis que Bernard, affligé du peu de fruit de cette expédition, regagnait l'abbaye de Clairvaux, le pontife se transportait à Pise, d*où il pouvait, disait-il, présider plus sûrement au gouvernement de l'Église * et qui devint pour un temps comme la capitale de la catholicité '. De son côté, Roger, proBtant de Téloignement de Tempereur, ne tarda pas à reparaître dans la péninsule. Il mit le siège devant Naples, reprit, avec Capoue, les autres places qu'il avait dû abandonner, s'empara, au mépris des droits de l'Église romaine et sans qu'Anaclet voulût ou osât protester, de la cité de Bénévent, et, cherchant par ses intrigues à détacher de la cause d'Innocent les villes dévouées de Gênes et de Pise, poussa la hardiesse jusqu'à s'intituler « roi de Sicile et d'Italie *. » Il n'apportait pas seulement à la prolongation du schisme le secours do ses armes; il menaçait par ses conquêtes les possessions du saintsiège. Une année s'était à peine écoulée depuis que Lothaire avait quitté l'Italie, que les vœux du pape et de l'Église se tournaient de nouveau vers lui, pour qu'il mît fin, par un plus grand effort, aux entreprises des schismatiques. L'empereur venait, en ce moment, d'envahir la Souabe, où il avait engagé contre les deux Hohenstaufen une guerre d'extermination *. Instruit de ces événements, et jugeant que la soumission de ces princes était nécessaire pour que Lothaire pût rentrer en Italie avec des forces suffisantes, Bernard se rendit en Allemagne, en vue tout à la fois d'y ramener la paix et de décider l'empereur à secourir le pontife.

Les démarches de Bernard eurent le résultat qu'espérait sa piété. Il alla d'abord trouver les deux Hohenstaufen et,

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