Annal, Magdeburg. ad ann
par l'ascendant de sa parole, les détermina à se soumettre *. Dans une diète qui eut lieu au mois de mars 1135 à Bamberg, Frédéric de Souabe vint se prosterner aux pieds de l'empereur et implorer son pardon. Conrad, plus opiniâtre, ne se résigna que quelques mois après à imiter la conduite de son frère *. Dès lors assuré de la paix, Lothaire pouvait tourner toutes ses forces contre les ennemis de l'Église. Â cette diète de Bamberg, il avait pris l'engagement, sur les sollicitations de l'abbé de Clairvaux, de diriger une nouvelle expédition en Italie. Bernard informa Innocent de cette promesse dans une lettre, où, cherchant à dissiper les craintes qu'inspiraient au pontife les progrès du roi de Sicile, il écrivait ces mots qui montraient la hauteur de sa foi : « La perte de Bénévent et celle même de Rome ne m'effraient pas; c'est par les vertus, non par les armes, que l'Église doit se faire puissante aux yeux du monde ^. » Là ne se borna pas l'utile intervention de Bernard. Appelé par Innocent à un concile qui se réunit à Pise au mois de juin de cette année, il retourna en Italie. Dans ce synode, auquel assistaient, avec des prélats de quelques États de l'Occident, ceux de la Lombardie et de la Toscane, les ecclésiastiques partisans d'Anaclet furent frappés de déposition, sans espoir de recouvrer leurs ofGces *. La présence de Bernard fit plus que ces sévérités pour achever la soumission religieuse de la Haute Italie. Quand il arriva en Lombardie, l'archevêque de Milan, Anselme, venait d'être expulsé de son siège à la suite d'une émeute populaire et remplacé par l'évêque d'Alba, Robald. Bernard, après la clôture du concile, se rendit au milieu des Milanais. Reçu par eux avec vénération, suffisant à peine à bénir la foule qui se pressait
i. (( Imperator... Fridericum et Gonradum duces interventa darevallensis abbatis Bernhardi in gratiam recepit. » Otto Frising. Chron, 1. VII, 19.
2. Voir une lettre de Lothaire à Innocent, octobre 1135, dans Jaffé, Mo* num. Bamberg. p. 523. — Cf. Annal, Saxo, anno 1135.
3. «c Nequaquam nos Beneventi, non ipsius Romse terret amissio, scientes Ecclesis statum non armis sestimari, sed meritis. » Cette lettre, écrite au nom de Bernard, était adressée an pape par Tarchevôque de Trêves, Âdalbéron. S. Bernard, ep. 176.