Desider. ibid
4. « Pontifex... in potestate régis Heinrici etfuturorum regum patriciatum et cetera (silicet ordinationem pontificum), ut supradictum est, sancivit, conflrmavit et posuit. » Annales Rom. Pertz. ss. V. 469. — « Tyrannidem patriciatûs arripuit;... crediditper patriciatûs ordinem se romanum posse
En venant à Rome accomplir cet acte d'autorité, Henri III avait annoncé n'avoir d'autre intention que de réprimer les scandales qui déshonoraient le saint-siège. Dans un synode qu'il avait rassemblé en Allemagne avant de descendre en Italie, il s'était élevé contre le vice de simonie, qui entachait le clergé, disait-il, à tous les degrés de la hiérarchie *, et ilavait fait serment de ne jamais lui-même tomber dans un abus que condamnait la religion ^. Quelques jours après son couronnement, il donna un autre témoignage de ces dispositions. En sa présence et vraisemblablement à son instigation, le nouveau pontife, dans un concile à Rome, défendit, sous peine d'anathème, l'achat des dignités ecclésiastiques ^. Ces faibles gages de piété ne compensaient pas la gravité d'un acte par lequel le monarque semblait vouloir à l'avenir susbtituer, dans l'élection des papes, sa décision au libre choix des Romains. Maître d'un Empire qui, avec l'Allemagne, comprenait alors la Lorraine, la Bourgogne et près de la moitié de l'Italie, Henri, comme les empereurs allemands qui l'avaient précédé, aspirait à exercer en Europe la même domination qu'y avait exercée Charlemagne, et l'on pouvait craindre que, sous sa main, la papauté, en devenant l'instrument de ses desseins, n'eût fait que changer de servitude. Ce n'est pas ainsi qu'en jugèrent les vrais amis de l'Église, et ils célébrèrent comme un autre David le souverain dont l'intervention avait délivré le saint-siège de « l'intrusion sacrilège » des barons féodaux. Ils comprirent que, laissée ^ elle-même, la papauté eût été impuissante à se relever, et cette intervention leur parut tout d'abord un bienfait*.
ordinare pontificem. » Bonitho, lib. ad amie. 1. Y. (c Henricus imperator factns est patricius Romanorum à quibus etiam accepit in electione somper ordinaDdi pontificis principatum. » Petr. Damian. Disceptatio synodoits, Migne, t. 145, p. 71. — Sur cette dignité de patrice et sur les faits qui se passèrent alors à Rome, voy. Gregorovius, Storia di Borna, t. IV, p. 67-79.