janvier 1047. Mansi, Conc. t. XIX, p
4. Tel est, en particulier, le sentiment de Raoul Glaber et de Pierre Da- La Cour de Rome. 2
iS LIVRE PllEMIER
Honri III no tarda pas à regagner rAllemagne, emmenant avec lui Grégoire VI, qui alla terminer ses jours en exil sur les bords du Rhin ^ Les événements reportèrent bientôt vers ritalie l'attention du monarque. Clément II étant venu à mou rir après neuf mois de pontificat^, les Romains envoyèrent une ambassade à Temporeur, « comme des esclaves à leur maître et des fils à leur père' », pour le prier de désigner un autre pape. Henri fixa son choix sur Poppo, évèquo deBrixen*, qui prit le nom de Damase II. Dans l'intervalle, Benoit IX s'était encore une fois emparé du saint-siège ^ Damase, pour l'en déposséder, dut recourir aux forces de l'empereur; mais à peine était-il intronisé à Rome, qu'il mourait à son tour ^ Ces deux morts successives, imputées par le bruit public à de sour des manœuvres du parti féodal '', n'étaient pas pour rassurer les évêques allemands appelés par Henri III à l'honneur du pontificat; et, lorsqu'une ambassade romaine se présenta devant le monarque pour lui demander un troisième pape de sa main, ils se montrèrent hésitants*. Cette violation réitérée des règles canoniques sur les élections pontificales commençait aussi à leur inspirer des scrupules ^ Henri parut vouloir ménager ces scrupules en désignant un de ses proches, prêtre de vertu et de savoir et gagné dans une certaine mesure aux idées de réforme ecclésiastique. C'était Bruno, évêque de Toul, et l'un des rares prélats de ce temps dont l'élévation à
mien. Grégfoire VII lui-même, Ep. 1, 19, II, 44, n'a pour la mémoire de Henri III que des paroles bienveillantes. Parmi les historiens modernes, Mignet est Tun de ceux qui voient dans Henri III un prince sincèrement réformateur. Cette opinion, qui est en général celle des historiens allemands, a été combattue par M. Zellor, ouvr. cité, p. 146 et ss.