‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 151 sur 357 · Hôfélé. Conc. t. VII, p · texte numérisé non relu

Hôfélé. Conc. t. VII, p

sur ses pas, il ramena sans oBbrt à Innocent cette cité si longtemps rebelle ^ Il exerçait alors dans l'Église une telle influence, qu'à Pise même les évoques s'adressaient à lui plutôt qu'au pape pour ce qui intéressait leurs diocèses *. Tel était aussi le renom de ses vertus que, lorsqu'il traversa les Alpes pour regagner la France, les pâtres accouraient du haut des montagnes à sa rencontre et de loin lui demandaient sa bénédiction, heureux d'avoir aperçu « l'homme de Dieu » et que sa main se fût étendue sur eux ^. Touchants hommages,' qui devaient être plus sensibles à sa piété que l'empressement des évêques et le respect des princes.

Cependant Innocent ne cessait, par des messages répétés, de solliciter l'arrivée de l'empereur*. Bernard lui écrivait également pour hâter l'exécution de ses promesses, non sans avoir scrupule de faire ainsi appel à la force. « Il n'est pas de mon office de pousser à la guerre, lui disait-il; c'est à vous néanmoins, comme au défenseur de l'Église, qu'il appartient de la protéger contre la fureur des schismatiques'.» Cédant à ces instances, cédant aussi au sentiment de l'Europe, Lothaire se décida enfin à redescendre en Italie. Il y rentra à l'automne de 1136, accompagné cette fois d'une puissante armée*, que commandaient avec lui son gendre, Henri, duc de Bavière, fils de Henri le Noir, et Conrad de Hohenstaufen, devenu désormais son allié et celui de l'Église. Les prélats les plus considérables de l'Allemagne, tels que les archevêques de Cologne, de Trêves, de Magdeboug, y figuraient à la tête de leurs vassaux. D'accord avec Innocent, Lothaire réso-

1. « Givitatem, prout voluit, formavit. » Landulf. jua. Hist. MedioL c. 42. » Ëruald. c. II, 9.

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