Ernald, c. II
3. « Descendebant in occursum ejus de summis mpibuB pastores et armentarii,... et conclamabant a longe benedictionem petentes, et... gaudentes qaod sanetum Domini vidissent et manu ejus super se eztensa optatœ benedictionis gratiam accepissent. » Ernald, c. V, 28.
4. 9 Grebris litteris. » Petr. Chron. Cas. 1. IV, c. 97. 3. « Non est meum hortari ad pugnam. » Ep. 139.
6. « Exercitum, non ut prias parvuin, sed copiosam. » Otto Frising. Chron. 1. VII, c. 19. Cf. Petr. Chron. cas. 1. IV, c. 97.
lut, non plus de marcher sur Rome, mais d'atteindre Roger au sein de ses possessions. Ce ne fut toutefois qu'au mois de février do Tannée suivante que s'ébranlèrent les troupes impériales. Elles furent divisées en deux corps. L'un, sous les ordres de Lothaire, s'engagea dans la Marche d'Ancône et, longeant l'Adriatique, se dirigea vers la Fouille, pendant que l'autre, que conduisait Henri de Bavière et auquel se joignit Innocent, s'avançant par la Toscane et gagnant la Campanie, se porta sur Capoue. Autant la première expédition avait été pacifique, autant celle-ci fut violente. La dévastation, le pillage, les supplices infligés aux prisonniers, signalèrent, sur plusieurs points, la marche des Allemands. Après avoir réduit tout ce qui, ville ou forteresse, opposait de la résistance, l'armée tout entière se retrouva sous les murs de Bari, d'où elle alla assiéger Salerne, qui, au bout de quelques jours, fut obligée de capituler ^ Dépossédé de presque tous ses États de terre ferme, Roger s'enfuit de nouveau en Sicile. On prit des mesures pour l'empêcher de se relever de ses pertes; et, en même temps que la ville de Bénévent était replacée sous l'obéissance du saint-siège, que Capoue et Naples étaient restituées à leurs anciens maîtres, un nouveau duc, Rainulf, fut nommé pour la Fouille*.
Lothaire ne poussa pas plus loin son expédition. Ayant fait reconnaître Innocent partout où il avait porté ses armes, il le reconduisit sur le territoire de l'Église et de là remonta vers les Alpes pour regagner l'Allemagne, tandis que le pontife se dirigeait sur Rome ^. Les victoires de l'empereur y avaient déconcerté les partisans d'Anaclet, et Innocent put rentrer dans Rome sans obstacle, sinon encore tout à fait en
1. 8 août 1137. A la date du 20 juillet. Innocent écrivait à l'abbé de Cluny : « Deum ita fecisse prosperum lier suum ut, ab urbe Roma usque Barium, vix aliqua ciyitas castruoive remanserit quod beato Petro et sibl aabjactus et obediens non existât. » Ep. 280, Migne.
2. Pour les détails de cette seconde expédition, voir Falco Benerent. CAr»n. anno 1137. Cf. Petr. Chron. cas. 1. IV, c. 105, 106.
3. C'est en octobre 1137, à Farfa, que Lothaire et Innocent se séparèrent.
maître K II y avait été précédé par Tabbé de Clairvaux, qui, revenu une troisième fois en Italie à la sollicitation du pontife 2, avait été envoyé par lui vers les Romains au début delà guerre contre Roger. Sa présence n'avait pas moins contribué que les succès de Lothaire à ébranler les esprits '. Le trop prompt départ de l'empereur faillit néanmoins compromettre les résultats de l'expédition. A peine s'était-il éloigné, que Roger qu'on croyait abattu, reparaissant tout à coup en Italie, reprenait Salerne, Naples, Capoue, et il eût peut-être, avec son autorité, rétabli le schisme au sud de la péninsule, si le duc Rainulf, par la victoire de Ragnano *, n'eût arrêté ses progrès. Jugeant l'occasion favorable, Bernard se rendit à Salerne, afln de ramener par la persuasion un prince que tant
4. Innocent se trouvait à Rome au l»» novembre 1137. On ne possède aucun renseignement précis sur le lieu de la résidence d'Anaclet. On sait seulement, d'après une bulle délivrée par lui le 22 avrU 1137, qu'il était alors (( trans Tiberim. » Le premier acte d'Innocent daté de Latran étant du 21 mars 1138, tandis que, depuis le 1*^ novembre 1137, tous ses actes antérieurs portent Tunique indication a Romse *, il est permis de supposer que jusquelà le palais de Latran resta aux mains, sinon d'Anaclet, du moins de ses partisans.
2. Ernald. c. VU, 41. Il y a lieu de croire que Bernard rejoignit Innocent à Pise au commencement de février 1137, d'après une bulle de ce pape délivrée le 7 de ce mois au môme lieu « sur la prière » de Tabbé de Clairvaux (Innocent II, ep. 263). H se trouvait certainement à Viterbe avec Innocent, qui arriva dans cette ville vers la fin de mars. Voy. S. Bernard, sermo XXVI, Migne, t. 183. p. 912.
3. Ernald. VII, e. 42. Cf. Baron, anno 1137, n<» 4 et ss. On a prétendu que, contrairement au dire d'Ërnald, Bernard ne s'était pas alors rendu à Rome et qu'il avait accompagné Innocent durant tout le cours de l'expédition. Mais, outre que, dès le début, il avait déclaré au pape qu'il entendait attaquer le schisme par une autre voie que celle des armes (» alla via* » Ernald, loc. cit.). les divers chroniqueurs de l'expédition ne mentionnent pas sa présence. Seul, Pierre Diacre (CAron. ccu, l.IV, c. 109), dans un chapitre où abondent les erreurs de noms et de faits, 4it qu'au mois de juillet 1137 Bernard se trouvait, sur les bords du lac Pésole, auprès de Lothaire et d'Innocent, pour une affaire relative à l'abbaye du Mont-Cassin ; encore, dans ce passage, Tappelle-t-il « Norbertus, Glarevallensis abbas. » Abstraction faite de cette indication, on ne possède, en dehors du récit d'Ërnald, aucune notion sur les actes de Bernard depuis son arrivée à Viterbe, où il resta quelque temps à soigner son frère Gérard malade, jusqu'à la mi-septembre où on le trouve au Mont-Cassin en vertu d'une délégation du pape (Petr. Chron. cas. 1. IV, c. 119).