octobre 1137. Pagii nok. 9-12, apud Baron, anno lld
180 LIVHE TROISIÈME
de défaites successives n'avaient pu soumettre. Sans repousser les démarches de Bernard, Roger, qui ne soutenait Anaclet que pour garder* sa couronne, traîna les pourparlers en longueur, et, sous prétexte d'éclairer sa conscience, demanda que des délégués do Tun et de Tautro pontife vinssent devant lui exposer les droits de leurs maîtres *. Par une malheureuse occurrence, Lothaire, lorsqu'il repassait les Alpes, fut enlevé par la mort, le 3 décembre 1137. Mais, un mois après, Anaclet étant venu également à mourir *, son parti acheva do se désorganiser ; et, bien que les cardinaux schismatiques, comptant sur l'appui du roi de Sicile, eussent désigné pour pape l'un d'eux, le cardinal Grégoire, qu'ils appelèrent Victor IV ^ le schisme n'était déjà plus qu'un nom.
Dans le moment où était tentée parles cardinaux dissidents cette dernière et inutile résistance, avait lieu en Allemagne l'élection du successeur de Lothaire. Elle se fit, comme s'était faite celle de Lothaire, sous l'influence de l'Église, sans qu'à la vérité elle obtînt d'abord parmi les princes une égale adhésion. L'empereur, qui n'avait pas laissé de fils, avait tout préparé pour assurer la couronne au Welf Henri de Bavière, époux de sa fille, et l'enlever aux Hohenstaufen, les seuls adversaires que celui-ci pût craindre, et qui, appartenant à la famille des Wiblingen, ennemie de longue date de celle des Welfen, se trouvaient doublement ses rivaux. En même temps qu'il avait conféré à Henri le duché de Saxe et le marquisat de Toscane, lesquels, ajoutés au duché de Bavière, faisaient de lui le prince le plus puissant de l'Empire*, il avait affaibli à dessein les deux Hohenstaufen. Lorsqu'ils étaient venus solliciter leur pardon, il les avait contraints de restituer tous les domaines qu'ils tenaient de la succession do Henri V, et ils
1. Ernald. c. VII, 43-46. Voy. le travail déjà cité de l'abbé Yacandard, p. 61-63.