Bonitho, ibid
9. Ces scrupules avaient été déjà manifestés par quelques prélats lors de la nomination do Damase II. Zellor, p. 159.
l'épiscopat n'eût pas été entachée de vénalité. Promu au saintsiège dans la diète de Wormsdu mois de décembre 1048, Bruno refusa d'abord cette périlleuse dignité. Il céda toutefois aux instances de l'empereur et à celles de l'assemblée, et, après un court séjour à Toul, partit pour l'Italie*.
Ce fut en passant par Besançon qu'il rencontra l'homme extraordinaire destiné à devenir Texécuteur rigoureux de la réforme ecclésiastique, après en avoir été sous plusieurs pontificats successifs le persévérant instigateur, et qui, montant à son tour sur le saint-siège, devait porter la papauté au plus haut point de grandeur où elle fût encore parvenue. Cet homme, c'était Hildebrand. Né vers 1020 à Saône en Toscane, élevé dès l'enfance à Rome où il avait pu être témoin des violences de Benoit IX, il avait été attaché à la personne de Grégoire VI en qualité de chapelain, et, après la mort de ce pape qu'il avait accompagné dans son exil, il était entré comme moine à l'abbaye de Cluny ^. Ame ardente dans un corps frélo, d'une piété élevée et sévère, d'une volonté forte, d'un esprit entreprenant, il avait embrassé avec zèle les idées de réforme dont ces religieux s'étaient faits les actifs propagateurs. Venu à Besançon avec l'abbé de Cluny qui était allé à la rencontre de Bruno', il consentit, non sans regret, à quitter la vie du cloître pour suivre en Italie le pontife qu'avait frappé son
1. Wiberti, Viia Leonis, II, 2. Cf. Bruno Signiens. in Vita Leonis.