Innocent. II ep
2. Chron. Mauriniac. ap. Duchesne, Hist, franc, script, t. IV, p. 387. C'est à l'année 1141 qae doivent être rapportées la mort de l'archeyéque de Bourges. Âlbéric, et Téleclion de son successeur, Pierre de la Gh&tre. GalL christ, t. II, col. 50.
3. « Innocentio dicente regem puerum instruendumet cohibendam netalibns assuescat» et adjecit veram non esse libertatem... » Guillelm. Nang. Chron. anno 1141.
La Gotjr de Rome. 13
au nouveau prélat, Louis se porta en armes sur les terres de son vassal et mit le feu à la ville do Vitry, où plus de treize cents habitants, qui s'étaient réfugiés dans une église, périrent par rincendie *. Le pontife, qui avait puni par Tinterdit une simple offense à ses prérogatives, non seulement s'abstint de sévir, mais il n'eut pour cet acte aucun mot de réprimande, semblant montrer ainsi que ce qu'il voulait des princes, c'était moins encore leur piété que leur obéissance ^.
Il faut bien le reconnaître, à proportion que la papauté se faisait plus puissante, elle paraissait perdre en élévation morale ce qu'elle gagnait en pouvoir. On eût dit que ce pouvoir que Grégoire VII avait fondé, et qui n'était pour lui qu'un moyen d'agir plus fortement sur le monde et sur l'Église, fût devenu pour ses successeurs le véritable but. Ce qu'Innocent demandait en effet aux princes, comme aux évoques, c'était avant tout leur soumission et le respect de ses prérogatives. A Etienne, roi d'Angleterre, qui, quelques années auparavant, avait succédé à Henri !•' au détriment des droits de la fille du roi défunt, et qui avait demandé au pape de confirmer son élévation. Innocent écrivait : « Nous vous confirmons votre couronne, ne doutant pas que, le jour où vous avez été sacré, vous n'ayez promis obéissance au bienheureux Pierre ^. » A. Guillaume, seigneur de Montpellier, il mandait en termes plus explicites : « Ayez soin, avec un zèle filial, de ce qui regarde l'honneur et l'utilité de saint Pierre, et croyez qu'en retour nous serons attentif à vos intérêts *. » La conduite qu'il tint avec l'abbé de Clairvaux montra, par une preuve plus sensible, que le soin de son
1. D'Arbois de Jubainville. Hist. des comtes de Champagne, t. II, p. 349, note i.
2. Ce silence du pape est d'autant plus à remarquer, que, par un canon rendu au concile de Latran, il s'était élevé contre ces sortes de violences, commises trop souvent dans les guerres qui s'engageaient alors.