‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 177 sur 357 · Odo de Diogilo De Ludov. VU profectione, 1. I · texte numérisé non relu

Odo de Diogilo De Ludov. VU profectione, 1. I

3. Gaufrid. in Vila Bernard, c. 5. Migne, t. 185, p. 338, 339.

4. Vita Bernardi. auct. Philippe, c. 4. Migne, t. 185, p. 382.

écrivait Bernard au pape; j*ai obéi, et les châteaux et les villes se vident pour aller au secours de Jérusalem *. i

C'était la première fois qu'on voyait des souverains prendre la croix, et ils la prenaient, non à la voix d'un pontife, mais à celle d'un abbé. Éclatant exemple qui, dans le moment où les papes luttaient à Rome pour conserver leur puissance temporelle, montrait qu'un simple religieux, par le seul ascendant de son caractère et de ses vertus, pouvait remuer l'Occident et disposer de ses armées, comme déjà, quinze ans auparavant, il avait réussi à arrêter les progrès du schisme en réunissant dans une adhésion commune les évoques et les rois I Par une nouveauté qui témoigna encore de l'influence qu'il exerçait sur les esprits, on n'assista pas, en cette seconde croisade, à ces violences contre les Juifs qui avaient souillé la première. Bernard, à qui revenait l'honneur de cette deuxième entreprise, eut encore la gloire de se faire, en cette circonstance, Tapôtre de la modération. Des lettres, dans lesquelles il recommandait la douceur envers ces ennemis de la foi, furent adressées par lui aux seigneurs et aux prélats d'Angleterre, d'Allemagne et de Lombardie. « Il ne faut pas persécuter les Juifs, y disait-il, encore moins les tuer, ni même les chasser ^. Dispersés dans tous les pays, ils sont comme des lettres vivantes qui nous rappellent la passion de Notre Seigneur, et nous savons, par les promesses de l'Apôtre, qu'ils se convertiront à la fin, quand la multitude des Gentils sera entrée dans l'Église ^ » Il sut, par ses sévères réprimandes, arrêter les fanatiques prédications d'un moine du nom do Radulf, qui, jprêchant la croisade sur les bords du Rhin sans on avoir reçu le mandat, excitait les fidèles à verser le sang israélite pour venger Jésus-Christ, et dont les discours n'avaient été déjà que trop suivis d'effet ^. Écrivant à ce sujet à l'archevêque de Mayence,

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