‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 178 sur 357 · Otto Frising. De gest. Frider. 1. I, c · texte numérisé non relu

Otto Frising. De gest. Frider. 1. I, c

il disait que TÉglise triomphait plus glorieusement des Juifs par leur conversion que par leur mort, et que ce n'était pas en vain que, dans ses prières, elle demandait à Dieu d'ôterle voile de leurs cœurs *. Peu s'en fallait qu'il n'étendit jusque sur les InGdèles ces sentiments d'humanité. <( Si nous devions espérer leur conversion comme nous espérons celle des Juifs, écrivait-il, il faudrait les tolérer et non pas les combattre ; mais, parce qu'ils ont commencé d'attaquer les chrétiens, il convient que ceux qui ont le droit de se servir du glaive repoussent la force par la force 2. »

Le départ des croisés eut lieu au printemps de 1147. Tous ne se dirigèrent pas vers l'Orient. Pendant que des croisés allemands s'arrêtaient au nord de l'Europe pour combattre les Slaves encore payons, et que d'autres, auxquels se joignirent dos Flamands et des Anglais, atteignaient par mer les côtes d'Espagne et assiégeaient la ville de Lisbonne occupée par les Maures, Conrad et, après lui, Louis VII, chacun à la tête d'une armée considérable ^ se portaient par la Hongrie vers Constantinople pour passer de là en Asie. Eugène put assister au départ du roi de France et lui remettre de sa main l'oriflamme gardée à Tabbaye de Saint-Denis^. Lorsqu'on ne faisait encore en Occident que procéder aux apprêts de la croisade, il avait quitté Rome *. Inquiété par les Romains qui s'étaient révoltés de nouveau, il s'était d'abord retiré au-delà du Tibre, puis à Viterbe, et, remontant vers le nord de Tllalie, avait résolu de gagner la France ®. Il ne venait pas y chercher des appuis, comme autrefois Innocent II, pour soutenir son autorité ébranlée, mais bien plutôt, comme Gélase, un refuge à sa piété, qu'attristaient ces révoltes continuelles

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