Fin janvier
6. Voir Jaffé Wattenbach, janvier 1146 '— janvier 1147. Le pape était à Lyon le 22 mars 1147, et ce fut le 27 avril suivant que, se trouvant à Saint- Denis, il remit Toriflamme à Louis VII.
des Romains. SecDuant contre un peuple indocile la poussière de ses pieds, écrit un contemporain, il se rendait en France pour y attendre en paix que les Romains, fatigués de leurs propres agitations, fissent appel à la présence du chef de rÉglise et revinssent d'eux-mêmes à son obéissance *.
Depuis que ToBUvre de Grégoire VII semblait définitivement assise, cette entreprise des Romains contre la papauté était le premier acte d'hostilité ouverte auquel elle eût été en butte. Il est vrai que cette entreprise ne mettait en péril que son pouvoir temporel. Mais, tandis que se produisait à Rome cette tentative, qualifiée par les historiens de TÉglise « d'hérésie politique ^, » s'élevait dans le midi de la France une hérésie d'une autre sorte, celle des Cathares ou, comme on l'appela plus tard, dos Albigeois ^ ainsi nommée du lieu où elle avait son principal foyer, et qui, en même temps qu'elle touchait aux dogmes de la religion, attaquait le saintsiège dans son pouvoir spirituel. Se rattachant, par ses origines éloignées, aux grandes hérésies qui avaient autrefois entaché ces contrées, elle avait germé à cette époque d'abaissement qu'avait traversée l'Église avant les réformes de Grégoire *. Ces germes s'étaient peu à peu développés, et, se propageant hors du midi de la France, commençaient alors à paraître en quelques points do la Lombardie et sur les bords du Rhin *. L'enseignement d'Abailard, les prédications d'Arnauld de Brescia avaient sans doute contribué à ces premiers développements. Avec certaines tendances au
1. <c Hic (Eugenius) pulverem pedum in litigantes excussitet, reliclis eis, yenit in Franciam. Cumqne se RomaB coniederent ac movderent,... expectavit in pace donec fatigati conflictibus.., ejas prsesentiam cuperent et optarent. » Ernald. in Vila Bernard, c. VIII, 50.