Roger était mort le 26 février
3. c Nolens imperii sui limites tyrannica Rogerii rabie asurpatos. » Otto Frising. De gest. Frider,, 1. II, c. 30.
4. Voy. ci-après» en 1155 et en 1159, des déclarations de Frédéric en ce sens. Il convient à ce propos de signaler qu'en 1152 Frédéric reçut une lettre dont l'auteur, du nom de Wezel et vraisemblablement suisse d'origine, était venu à Rome avec Ârnauld de Brescia. Dans cette lettre (Monum. Corbeiensia, n« 404) Wezel s'élève, comme Ârnauld, contre les richesses et la domination temporelle du clergé. Mais, ce qui est remarquable, c'est qu'il qualifie de « mensonge » et de cr fable » la tradition d'après laquelle Constantin aurait transmis au pape Silvestre les « imperialia. » Sous ce terme imperialia, faut-U entendre les cessions de territoires faites par Constantin, ou simplement les droits et les insignes de l'Empire, qui, avec ces territoires, auraient été transmis par ce prince? On ne sait. Cette lettre est le premier document où l'on trouve contestée par certains côtés la donation de Constantin. Il ne parait pas d'ailleurs qu'elle ait eu quelque effet. En désac* cord avec les idées du temps, elle dut passer inaperçue, et il faut arriver au quinzième siècle pour voir cette donation contestée ouvertement et dans sa totalité. '
Pavic recevoir en grande pompe la couronne d'Italie, et de là, traversant rapidement Parme, Reggio, Modène, Bologne, se dirigea par la Toscane vers TÉtat ecclésiastique *.
Sur ces entrefaites, le 4 décembre 1154, un nouveau pape," Adrien IV, était monté sur la chaire de saint Pierre *. Né en Angleterre et fils d'un pauvre clerc, son nom était Nicolas Brakspear. Après avoir vécu d*aumônes pendant une partie de sa jeunesse, il était passé en France et avait trouvé un asile au monastère de Saint-Ruf, près Avignon, où, admis comme frère servant, puis comme moine, il était, avec lo temps, devenu prieur et enfin abbé. Ayant été accusé auprès d'Eugène III par les religieux de son couvent, auxquels il avait voulu imposer une plus étroite discipliné, il était allé' en Italie solliciter la justice du pontife, qui, appréciant son zèle et sa piété, l'avait fait cardinal-évêqué d'Albano ^ Une fois sur le saint-siège, il parut avoir oublié l'humilité de son premier état, et se montra le défenseur itapérieux et opiniâtre des prérogatives apostoliques. Dès son avènement, il s*étàit retiré dans la cité Léonine *, se refusant à toute entente avec les Romains. Il ne tarda pas à leur donner des marques de sa sévérité. Au commencement de l'année llSS, un cardinal ayant été attaqué dans les rues de Rome et mortellement blessé, il mit la ville en interdit. Jamais semblable rigueur n'avait été infligée à la capitale de la catholicité. Le peuple, qui voyait ses églises fermées aux approches do Pâques, prit peur et implora la clémence du pape. Adrien exigea l'expulsion d'Arnauld et ne consentit à lever l'interdit que lorsque les Romains, sacrifiant à leurs craintes celui qu'ils avaient si longtemps accepté pour maître, l'eurent forcé à sortir de la ville *.
1. Otto Frising. De gest. Frider,, 1. II, e. 12-20. Frédéric fat couronné à Pavie, le 17 avril 1155.