‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 199 sur 357 · Otto Frising. De gest, Frider, 1. II, c · texte numérisé non relu

Otto Frising. De gest, Frider, 1. II, c

2. (( Pênes nos sunt consules tui, pênes nos senatus tuus, pênes nos miles tuus. P

236 LIVUE QUATRIÈME

vorain à dicter des lois au peuple, et non au peuple à en die ter au souverain *. »

Cette réponse de Frédéric n'était pas faite pour lui concilier les Romains. Craignant de leur part quelque obstacle à son couronnement, il envoya le lendemain, au lever du jour, mille chevaliers occuper la cité Léonine *. Lui-même y entrait quelques heures après, devancé par Adrien qui l'attendait au haut des degrés de Téglise Saint-Pierre. On était au 18 juin 1155. La cérémonie du couronnement se fit au milieu des acclamations dos Allemands ; après quoi, Frédéric, diadème en tête et revêtu de tous les ornements impériaux, regagna son camp établi hors des murs de la ville ^. Mais le peuple, irrité que, sans son assentiment, Frédéric eût ceint la couronne impériale, se précipita en tumulte par le pont Saint-Ange sur la place Saint-Pierre, où il attaqua les Allemands laissés à la garde de la cité Léonine. L'empereur revint sur ses pas, suivi d'une partie de son armée, et un combat s'engagea, dans lequel les Romains, outre un grand nombre de blessés, eurent mille des leurs tués ou noyés dans le Tibre. Deux cents prisonniers furent arrachés avec peine par Adrien à la vengeance de Frédéric, qui, sur sa prière, consentit à les remettre au préfet de Rome. « C'est avec le fer, non avec l'or, ô Romain, écrivait Otton de Freisingen, que ton empereur te paie la couronne que tu prétendais lui offrir. Voilà le tribut qu'il t'acquitte et le serment qu'il te prête * 1 »

•^ Le couronnement de Frédéric eut un autre épisode. Arnauld de Bresciafut pendu à un gibet dans les Prés de Néron, situés sur la rive droite du Tibre au nord du château Saint- Ange ; on brûla ensuite son corps, et l'on en jeta les cendres

1. « Légitimas poss6.ssor siim... Principem populo, non populum principi leges praescribere oportet. » OUo Frising. De gest. Frider, 1. II, c. 21.

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