‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 204 sur 357 · LÀ COUR DB ROME · texte numérisé non relu

LÀ COUR DB ROME

tificale, s'écria : « Mais de qui, si ce n'est du pape, le roi tient-il TEnipire * ? » En entendant ces mots, Otton de Wittelsbach, comte palatin de Bavière, fut sur le point de frapper le légat do son épée. On rappela, à cette occasion, que, dans Tune des salles du palais de Latran, une pointure représentait Lothaire recevant la couronne des mains d'Innocent II, avec une inscription oii ce prince était qualifié do vassal du saint-siège *. Frédéric, lors de son couronnement à Rome, avait été informé de cette particularité, et il avait exprimé son mécontentement au pape, qui avait promis de faire effacer la pointure et l'inscription, sans que néanmoins cette promesse eût été observée. L'empereur, dont ce souvenir confirmait les soupçons, enjoignit aux légats de s'éloigner sans délai, et par le chemin le plus court ^ des provinces germaniques. Il fit plus; une lettre circulaire, que rédigea par ses ordres le chancelier de l'Empire, Rainald, fut répandue en Allemagne, lettre dans laquelle, dénonçant le langage insidieux du pontife, Frédéric déclarait que c'était de Dieu seul que, par le suffrage des princes, il tenait la couronne; que saint Pierre avait dit : « Craignez Dieu^ honorez le roi ; » et que quiconque osait prétendre que TEmpire était un fief apostolique proférait un mensonge également contraire à la loi divine et aux doctrines de l'Église. « Quant à nous, ajoutait-il, plutôt que d'endurer un tel opprobre, nous nous exposerons, s'il le faut, à la mort *. »

A la nouvelle de ce qui s'était passé à Besançon, Adrien écrivit aussitôt aux évoques d'Allemagne pour se plaindre de l'injure faite à ses légats et les chargea d'en demander réparation *. « L'empereur a fait ce que jamais n'a osé faire aucun de ses prédécesseurs. Placez-vous, comme une muraille, devant la maison de Dieu, et ramenez, s'il se peut, dans

1. « À quo ergo habet, pi a domino Papa non habet imperîum? » â. « Rex venit ante fores, jurans prius urbis honores ;

Post homo fit papse, quo sumit dante coronam. »

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