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3. Ex chron. mss. abbatiœ de BeUo. Labb. Concil,, t. X, p. 1181, 1182. Gf. Héfélé, Conc. t. VIT, p. 358, 359.
Si graves que pussent paraître ces déclarations des souverains séculiers, elles Tétaient moins que certaines accusations dirigées par eux contre le saint-siège. Guillaume le Mauvais, en stipulant par le traité de Bénévent que les légats apostoliques n'auraient accès dans ses États qu'à la condition de ne pas s'approprier le bien des églises, avait dénoncé un abus dont on voyait alors plus d'un exemple. Frédéric, à l'occasion d'un incident qui s'était passé à Besançon, avait formulé dans sa circulaire d'octobre et en termes plus précis les mêmes imputations. Les deux légats qui s'étaient présentés à la diète avaient été trouvés nantis de lettres en blanc scellées d'avance du sceau pontifical. L'empereur avait signalé cette particularité dans sa circulaire, et, s'en faisant une arme contre Adrien, n'avait pas craint d'affirmer que les envoyés du pape ne s'étaient munis de ces lettres « qu'afin d'y écrire ce qui leur conviendrait et de s'en servir, selon leur coutume, pour frapper d'exactions iniques les églises d'Allemagne, dépouiller les autels et en ravir les trésors *. »
Ces accusations ne prouvaient que trop qu'aucun véritable effort n'était alors fait par la cour do Rome pour corriger les abus qui se commettaient dans l'Église. Ce n'était pas seulement au sujet des procédés coupables de certains légats que s'élevaient des réclamations. Le mal des exemptions, qui s'était étendu jusqu'en Orient, provoquait des troubles à Jérusalem même, où les moines hospitaliers de Saint-Jean, affranchis par le saint-siège de toute juridiction épiscopale, se prévalaient de ce privilège pour violer impunément la discipline ecclésiastique et scandaliser les fidèles ^. Vainement le patriarche de Jérusalem, âgé de près de cent ans, entreprit-il, avec plusieurs évêques de Palestine, le voyage d'Ita-
1. « Multa paria litterarum apud eos reporta sunt et schedulas sigillatœ ad arbitrium eorum adhuc scribendse, quibus, sicut hactenus consuetudinis eornm fuit per singalas ecclesias Teutonici regni conceptum iniquitatis sua virus respergere, altaria denudare, vasa domus Dei asportare... nitebantur. » Bagew. Frlsing. 1. 1, c. 10.
S. Cette exemption leur avait été conférée par Innocent II et confirmée par ses successeurs» ainsi qu'il résulte d'une bulle adressée au maître des Hospitaliers par Aiiastase IV, le âl octobre li.'>4.
lie pour porter au pontife des représentations. Adrien était à ce moment tout occupé de la lutte qu'il soutenait contre le roi de Sicile. Le patriarche dut retourner à Jérusalem sans avoir obtenu satisfaction, et n'ayant trouvé que deux cardinaux disposés à Tentendre *. Déjà même les exemptions et les autres faveurs dont la papauté s'était montrée si prodigue ne suffisaient plus à son imprudente libéralité. La pluralité des bénéfices, qu'interdisaient les règles ecclésiastiques, lui devenait un moyen de récompenser des services ou de se faire des créatures. Adrien déclarait expressément que TÉglise devait enrichir de ses dons ceux qui la servaient avec zèle ; et, désireux de complaire à un chancelier du roi do France qui possédait des bénéfices en différents diocèses, non seulement il lui en confirmait la jouissance, mais il le dispensait de la résidence exigée par les canons, ouvrant ainsi la voie à un autre genre d'abus qui devait prendre par la suite les plus graves proportions *.
Ce n'est pas que les avertissements fissent défaut à Adrien , non plus qu'ils avaient manqué à ses prédécesseurs. Se trouvant à Bénévent, peu avant d'y être assiégé par le roi de Sicile, il avait été visité par un moine d'Angleterre, Jean de Salisbury, qui passait pour l'un des hommes les plus éclairés de son temps. Le pontife lui demandant ce qu'il avait entendu dire de l'Église romaine et du pape dans les divers pays qu'il avait traversés, le moine fit cette réponse : « On dit que Rome est moins la mère que la marâtre des églises ; qu'elle donne asile à des scribes et à des pharisiens qui prétendent commander au clergé sans en être l'exemple, qui, durs pour les pauvres, décorent leurs demeures des meubles les plus précieux, qui oppriment les églises, soulèvent à dessein des procès et trop souvent ne rendent la justice qu'à celui qui l'achète. On ajoute que le pape lui-même est à charge au monde. Pendant que tombent en ruine des autels édifiés par nos pères, il habite des palais et se montre vêtu de pourpre et d'or. Aux mains