En août
2. Ragew. Frising. 1. I, e. 42. Pour les campagnes de Frédéric en Italie de 1154 à 1160, Toir, indépendamment des chroniques d'Otton de Freisingen et de Bagewin, un récit en vers latins intitulé Gesta Frederid in Ilalia et publié dans V Institut historique italien, Rome, 1887.
3. Tua voluntas jus est, sicut dicitur : Quod principi placuit, legis habet vigorem.., Quodcunque imperator per epistolam constituent, vel cognoscens deereverit» vel edieto prœceperit, legem esse constat. » Ragew. Frisiog. 1. II, c. 4.
ATTAQUES DES SOUVERAINS SfiCULIERS 24»
ot évèques de toute la Haute Italie. Quatre juristes des plus renommés de Técole de Bologne avaient été chargés par Frédéric de rechercher et de consigner par écrit les droits que l'Empire avait autrefois exercés en Lombardie. L'énumération de ces droits fut faite devant l'assemblée. C'était, avec la libre disposition des duchés, des marquisats, des comtés, celle de toutes les juridictions, de la monnaie, des impôts, en un mot de tout ce qui constituait la vie publique et civile, sans en excepter les privilèges particuliers dont jouissaient de longue date les feudataires ou les villes *. Frédéric obligea les évèques, non moins que les seigneurs et les consuls, à résigner ces droits entre ses mains. Il consentit, il est vrai, à laisser aux évèques les droits dont ils étaient en possession ; mais, les assimilant, sous ce rapport, aux seigneurs auxquels il accordait la même faveur, il exigea d'eux le serment de vas* salité, ainsi que le lui prêtaient déjà les évèques allemands. Quant aux villes, elles se virent pour la plupart dépouillées de leurs privilèges. A la place des magistrats qu'elles étaient dans l'usage d'élire, furent institués des podestats désignés par l'empereur et qui devaient administrer leurs intérêts en son nom; les anciennes ligues formées par les communes lombardes furent déclarées dissoutes, et une paix générale imposée à toute la province, avec menace de châtiment contre quiconque violerait la paix ^.
Ces mesures, par lesquelles la Lombardie se voyait privée de son indépendance, n'étaient que le prélude d'autres entreprises. Frédéric, qui, après la dissolution de la diète, s'était rapproché de l'Italie centrale, prétendit également y agir en maître, et, comme si l'effet des décisions prises à Roncaglia eût dû s'étendre à toute la péninsule, il ne craignit pas d'usurper sur le temporel du saint-siège. Parmi les droits que lui avait attribués la diète, était celui de s'emparer des vivres
i. « Dacatas, marchias, comitatus, consulatus» knonetas, telonia» fodrum, Tectigalia, molendina, piscarias, pontes, omnemque utilitatem ex deeursu flamiBum provenientem, nec de terra tantum, yerum etiam de... capittbai oems annai redditionem. »
2. Pour les faits relatifs à cette diète, Yoir Kagew. Frising. 1. II, c. 4-8.
et des fourrages nécessaires à ses armées *. Il exerça ce droit avec rigueur, non pas seulement par toute la Toscane, mais sur les terres mômes de l'Église, comme la Gampanie et la Maritime. Au mépris des prétentions élevées par TÉglise romaine sur la Corse et la Sardaigne *, il y envoya des commissaires chargés d*y faire reconnaîlre sa propre suzeraineté. Il osa davantage; sans distinguer, dans les anciens domaines de la comtesse Mathilde, entre ce qui appartenait au saint-siège et ce qui pouvait être légitimement revendiqué par l'Empire, il disposa de ces domaines en faveur d*un de ses proches, le duc Welf, qu'avant de descendre en Italie il avait déjà nommé marquis de Toscane et duc de Spolèto, et auquel il conféra en outre le titre de prince de Sardaigne '. A ces usurpations il ajouta l'injure. Offensé qu'Adrien eût refusé de confirmer l'archevêché de Ravenno au fils d'un comte italien dont il avait favorisé l'élection, il changea le formulaire des lettres adressées au chef de l'Église, et, sous prétexte de