Id. 1. II, c
tous les prélats de TEmpire de recoanaître Victor sous peine de bannissement ^
Alexandre ne s'était pas borné à répondre par un refus à la sommation que lui avait adressée Frédéric. Il avait envoyé dans les divers États de la catholicité des nonces chargés de notifier son élection *, et il avait tout d'abord recueilli assez d'adhésions, pour qu'un mois après la clôture du concile de Pavie, il ne craignît pas d'excommunier l'empereur et de délier ses vassaux et ses sujets de leur serment de fidélité *, sentence qu'à la vérité rendait vaine la présence de Victor. Les adhésions devinrent plus nombreuses, quand on connut dans ses détails ce qui s'était passé au concile. Non seulement des cardinaux du parti d'Alexandre, mais, en France, en Angleterre, des évoques, des abbés protestèrent, par des lettres publiques, contre l'incompétence d'une pareille assemblée et dénoncèrent la violence et la fraude qui en avaient souillé les délibérations *. Jean de Salisbury, le même qui avait eu jadis avec Adrien un si libre entretien, écrivait que ce prétendu concile n'était qu'un indigne appareil ; que tous ces noms accumulés d'évêques, de princes, de comtes, qui remplissaient les souscriptions du jugement, étaient autant de mensonges faits pour imposer aux timides et aux simples, et que, dans cette assemblée, on avait tout à la fois outragé la vérité et violé les canons. S'élevant contre la témérité qu'avait eue le clergé de l'Empire de trancher seul une question à laquelle était intéressée la chrétienté tout entière : « Qui a soumis, demandait-il, l'Église universelle au jugement d'une église particulière? qui a établi les Allemands juges des autres nations ? Mais je connais les desseins de Frédéric, desseins visibles dès le pontificat d'Eugène III. Il a résolu de relever l'ancienne puissance de l'Empire, et, n'ayant pas trouvé de complices dans les pontifes qui se sont succédé jusqu'à ce