Joann. Sarisber. ep. 59, Migne, t
2. BoBon. Vita Alexand. Watterich, t. II, p. 386. Cf. Willelm. Neubrig, 1. II, c. 14.
3. On ne connaît pas la date exacte de ce concile. Il eut lieu vraisemblablement en octobre.
4. Manii, Conc. t. XXI, p. 1155-1158. Cf. Iléfélù. Conc. t. VU, p. 385.
député par Âloxandro, non en qualité de légat, mais comme simple pèlerin. « On n'avait pas besoin, avait-il dit, d*un légat dans ce royaume, pour être à charge par ses dépenses aux églises et aux monastères et les appauvrir par ses exactions *. »
Tant d'adhésions données à Alexandre ne détournèrent point l'empereur de ses projets. Dans un deuxième concile qu'il s'était proposé d'abord de réunir à Crémone et qui eut lieu, au mois de juin 1161, à Nuova-Lodi, concile qui, malgré ses efforts, se trouva moins nombreux que no l'avait été celui de Pavie, il fit do nouveau conflrmor l'élection de Victor et frapper d'anathèmo Alexandre et ses adhérents ^. Non seulement il persistait dans le schisme, mais il s'avançait à la domination de l'Itah'e avec une opiniâtre résolution et en exerçant do systématiques ravages. De même qu'il avait abattu la ville de Crème, il voulut, par un exemple plus propre à intimider ses ennemis, détruire celle de Milan. Aux forces allemandes appelées d'au delà les Alpes vinrent se joindre les milices de Pavie, de Crémone, de Côme et d'autres communes que leur ancienne animosité contre Milan rendit cette fois encore les alliées de l'Empire. Il commença par dévaster tout le territoire qui avoisinait Milan et dont il fît un désert; après quoi il assiégea la ville. Ceux des habitants qui tombaient en son pouvoir avaient par ses ordres les mains ou les narines coupées et les yeux arrachés. Serrés de près dès le printemps de 1161, les Milanais, qui savaient n'avoir nulle grâce à espérer de Frédéric, supportèrent, pendant tout le reste de cotte année, ces terribles extrémités. Après avoir résisté jusqu'à l'épuisement de leurs ressources, sinon de leur courage, ils durent enfin, au mois de mars de l'année suivante, se rendre à discrétion. L'empereur enjoignit à tous les habitants, sans distinction d'âge, ni de sexe, d'évacuer la ville, qu'il livra ensuite à une ruine totale. Il ne laissa debout
4. a Nec legato opus esse ia regno, qui ecclesias et monasteria grave t iinp«»nRts, extorsion ibuB aitenuet. » Willelm. Tyr. 1. XVIII, c. 29. 2. Otto Morena.
268 LIVhE QUATRIÈME
que le palais impérial, trois églises et quelques habitations du clergé *. Cette chute de Milan, en répandant la terreur, soumit du même coup au monarque les villes encore rebelles de la Lombardie, telles que Brescia et Plaisance, et qui reçurent des podestats de sa main. La Toscane, dont, sous le pontificat d'Adrien, il avait disposé en faveur du duc Welf, acheva également de se soumettre. De son côté, le roi de Sicile, s'attendant à voir ses États envahis, se hâta de pourvoir à leur défense. Frédéric se crut assuré désormais de vaincre toutes les résistances et de réaliser toutes ses ambitions^.
Devant ces progrès des armes impériales, Alexandre avait jugé prudent do quitter Tltalie. Dès la fin de janvier H62, il avait gagné par mer la ville de Gènes et, le 25 mars, au moment que Frédéric entrait dans Milan qu'avaient abandonné ses habitants ', il reprenait la mer et se dirigeait vers la France. Le 11 avril, il arrivait à Maguelonne et, de là, atteignant Montpellier, y réitérait dans un synode l'excommunication contre Temporeur et l'antipape*. Enorgueilli de ses récentes victoires, Frédéric, qui datait ses lettres « do la ruine de Milan, » prétendit interdire l'accès de la France au pontife. « Conseillez à votre maître, écrivait-il au chancelier de Louis VII, de ne pas recevoir ce schismatique ni aucun de ses cardinaux ; sans quoi pourrait naître entre ce prince et nous une inimitié qui ne s'apaiserait pas aisément *. m Estimant que, pour le moment, il lui importait moins de poursuivre ses conquêtes que de séparer le roi de France de la cause d'Alexandre, il prit une résolution dont il attendait plus d'effet. Il se décida à repasser les Alpes et proposa à Louis- VII d'ouvrir à Saint-Jean-de-Losne, sur la limite de leurs États respectifs, une conférence à laquelle ils se ron-
1. Epist, Burchardi de excidio mediolanensi. Murât, rer. ital., t. VI, p. 915- 918. Cf. Sire Raul et Otto Morena.
S. Otto Morena.