‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 240 sur 357 · Pagii not. 3, Baroo. anno · texte numérisé non relu

Pagii not. 3, Baroo. anno

3. Pagii not. 6, Baron, ihid, Henri fat couronné le 15 août suivant à Aixla-Gbapelle.

traint à reconnaître aucun pape, à l'excoption do Pierre et des autres qui sont dans le ciel *. » Ces négociations trompeuses, dans lesquelles il n'avait cherché en réalité qu'à séparer le pontife do la ligue lombarde, n'eurent d'autre effet que de resserrer les liens du saint-siège avec les villes confédérées de la Haute Italie. Pour la première fois, Alexandre se déclara ouvertement leur allié. Il adressa aux communes lombardes une lettre circulaire, où, « bénissant et consacrant la ligue », il disait « la prendre sous sa protection particulière, » menaçait d'interdit toute ville où serait faite une tentative pour y porter atteinte, et ordonnait à tous les confédérés « d'obéir aux recteurs de la ligue comme à l'Église elle-mêmo*. »

Fort du secours que lui apportait cette alliance et ne jugeant pas que Frédéric, s'il rouvrait les hostilités, fût de longtemps en état de ramener une nouvelle armée dans la péninsule, Alexandre reporta son attention du côté de l'Angleterre et crut que, tout en usant encore de prudence à l'égard de Henri II, il pouvait se montrer plus hardi. Les cardinaux qu'il avait délégués vers ce prince étaient revenus en Italie, sans avoir mené à fin leur mission et n'ayant réussi, par leur visible partialité pour le roi, qu'à se faire accuser de vénalité ^. Dès le mois de mai 1168, alors que, par les efforts réunis des Lombards, commençait à s'élever la ville d'Alexandrie, le pontife avait chargé deux religieux français, appartenant au diocèse de Reims, de renouveler les mêmes démarches auprès du roi et de l'avertir que, si au carême de l'année suivante il n'avait pas donné satisfaction à l'Église, le saint-siège userait contre lui des rigueurs cano-

1. « Fridericus... pacem cum ecclesia facturas creditur, petens ut filium Buum, quem in regem elegi fecit, in imperatorem recipiat dominus papa, et a catholicis episcopis prœcipiat consecrari, apostolicœ sedi pariturum, dum tameii Fridericus in persona sua niillum apostolicum, nisi yelit, recipere compellatur, praeter Petrum et alios qui in cœlis snnt. » Joann. Sarisber. «p. 292.

2. 24 mars 1170. Yoy. dans Bohmer, Acta imperii, p. 600, 601, le texte de cette lettre.

3. Ces deux cardinaux, Guillaume et Otton, étaient revenus vers le pape, à Bénévent, à la un de Tannée 1167.

niques *. Henri ne laissait pas de se sentir moins ferme en ses résolutions depuis les pertes que Tempereur avait subies en Italie, et, sans vouloir encore céder sur l'écrit des coutumes, il modéra du moins une partie de ses exigences. Il députa vers Alexandre pour lui demander non plus la déposition, mais la translation de Thomas Becket, et, s'adressant en même temps aux cités Lombardes et au jeune roi de Sicile, les pria d'appuyer sa demande auprès du pape ^. Alexandre répondit à Henri qu'il ne pouvait, pour l'honneur de l'Église, consentir à sa requête, informa de ce refus Thomas Becket *, et se déterniina à envoyer deux autres légats qu'il munit cette fois d'instructions plus précises.

Ces légats, deux clercs italiens de la chambre apostolique sur l'habileté et l'intégrité desquels Alexandre pouvait compter, partirent de Bénévent au mois de mai H69 *. D'après leurs instructions, ils devaient employer tous leurs soins à amener une réconciliation entre le roi et l'archevêque, et, ce résultat obtenu, aborder la question des coutumes. Us trouvèrent Henri II en Normandie et eurent avec lui plusieurs conférences. Pressé par eux, le roi parut enûn se prêter à la réconciliation qu'on lui demandait et promit de laisser Thomas retourner en Angleterre pour y reprendre possession de son siège. Mais, quand les représentants du pontife lui lurent la formule de paix rédigée à cet effet, il exigea qu'on y insérât la clause : sauf la dignité du royaume ^ Les légats, devinant que par cette clause il entendait maintenir les coutumes, ne voulurent consentir à cette addition que si l'on insérait cette autre clause : sauf les libertés de rÉglise •. Le roi s'y opposa,

1. Alexand. ep. 468 (25 mai 1168), Migne. Cf. ep, 467. 469. Ces deux reUgieux étaient l'un Simon, prieur de Montiieu, l'autre Bernard, prieur des Bonshommes de Grandmont. Marlot, metrop. Remens. t. II, p. 311.

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