Alexand. ep. 676, Migne
3. Voir Jaffô-Wattenbach, n«« 11392, 11393, 11397, 11408, mai 1168; n*«U602, 11626, mars-juin 1169. Cf. ibid. n~ 11716, 11717, février 1170.
4. (( Jam clamitatur in plateis, prsedicatur per ciyitates et vicos quia non ût justitia HomsB de potentibus. » Thom. ad cardinales, ep. 29, Migne.
292 LIVRE QUATllIÈME
reviennent triomphant de la justice * ! » Guillaume, archevêque de Sens, osait écrire à Alexandre que toute TEglise de France était scandalisée de voir que, par la volonté du saintsiège, « Satan était délié et Jésus-Christ crucifié ^, » Cependant Henri, à qui l'archevêque de Rouen avait notifié les injonctions du pontife, avait envoyé vers Alexandre pour solliciter un délai. N*ayant pu l'obtenir ', il n'osa pousser plus loin la résistance. Une entrevue publique eut lieu entre lui et Thomas Becket, auquel il rendit son amitié, et le prélat, quelques mois après, retourna en Angleterre. Conformément aux instructions que le pape avait transmises à rarchevêque de Rouen, Henri allait être mis en demeure d'abolir les coutumes, cause première de ce long différend, et peutêtre eût-on vu se produire de nouvelles difficultés, quand, le 29 décembre H70, Thomas fut assassiné par quatre chevaliers de la chambre du roi dans l'église de Cantorbéry *.
Cet événement, dont Henri reçut la nouvelle en Normandie, mit fin à la querelle. Bien que ce meurtre n'eût pas été accompli par ses ordres, le roi, qui, en plusieurs circonstances, avait, dans l'entraînement de la colère, fait entendre des menaces de mort contre l'archevêque, ne se croyait pas exempt de reproches. Redoutant les foudres apostoliques, il envoya en hâte des députés au pape pour prévenir l'effet de ses sévérités *. Arnoul, évêque de Lisieux, adressa de son côté à Alexandre, au nom de tous les évêqucsdu royaume, une lettre oii il le suppliait d'avoir égard à l'innocence du roi *. Mais d'autres lettres, où Ton insinuait sa culpabilité, lettres émanées du roi de France, du comte de Blois, de l'archevêque de Sens, parvenaient en même temps au pontife et le pressaient de faire justice'. Les députés anglais, voyageant de nuit