Baron, ibid. n
pour arriver plus vite, se présentèrent, le 19 mars 1171, à Tusculum où se trouvait Alexandre, qui refusa d'abord de les recevoir. Très troublé lui-même de cette mort, qu'il imputait en partie à sa propre faiblesse, il s'apprêtait à lancer l'interdit non pas seulement sur les provinces françaises du roi, mais sur toute TAngleterre. Par l'entremise de quelquesuns des cardinaux, les députés obtinrent enfin d'être entendus en consistoire. Ils se portèrent garants de l'innocence de leur maître et jurèrent, en son nom, qu'il se soumettrait à toutes les satisfactions exigées par le saint-siège. Apaisé par cette démarche, Alexandre se borna à frapper d'anathèmo les meurtriers, çn menaçant do la^même peine quiconque leur donnerait asile ou protection, et annonça qu'il enverrait des légats recevoir la soumission du roi *.
Cette soumission eut lieu, au printemps de l'année suivante, en Normandie. Henri était alors de retour d'une expédition en Irlande, dont il avait projeté la conquête dès le pontificat d'Adrien, et où il venait d'être reconnu roi par les seigneurs et les évêques du pays *. Les légats d'Alexandre, arrivés avant lui, l'attendaient, aux environs d'Avranches, à l'abbaye de Savigny. Après avoir opposé quelque résistance aux conditions qui lui étaient imposées, il céda et fit enfin satisfaction, le 22 mai 1172, dans l'église cathédrale d'Avranches. Les évêques et les abbés de la Normandie, avec les barons de la province et un nombre considérable de clercs et de séculiers, assistaient à cet acte.de réparation. Il commença par jurer sur les Évangiles qu'il n'avait ni ordonné, ni voulu la mort de l'archevêque; il confessa toutefois que, par l'animosité qu'il avait montrée contre lui, il était, dans une certaine mesure, responsable de sa mort. Pour réparer cette faute, il prenait l'engagement de se croiser pendant trois ans contre les Infidèles, de laisser libres désormais les
1. Voir dans D. Bouquet, t. XVI, p. 477, la lettre adressée à Henri II par les députés anglais. Cf. ibid. p. 478, 479, la lettre d'un anonyme à Richartl, archidiacre de Poitiers.