Baron, anno U7I, Pagii not
appels au saint-siège, pardonnait à tous ceux, clercs ou laïques, qui avaient soutenu le parti de Thomas, et annulait l'écrit des coutumes. Ces déclarations faites, il alla- se placer à genoux et avec humilité à la porte de Téglise, où il reçut l'absolution do la main des légats. Quatre mois après, dans un synode que, le 27 septembre, les légats présidèrent en cette ville, il renouvela les mêmes déclarations, ajoutant que, tant qu'Alexandre et ses successeurs le tiendraient pour roi catholique, il ne se séparerait jamais de leur obédience *.
Ce meurtre de Thomas Becket eut une autre suite. Après avoir obtenu cette satisfaction du roi d'Angleterre, Alexandre crut qu'il devait au saint-siège et à l'Église d'honorer avec éclat la mémoire du prélat, et, le 10 mars 1173, il le canonisa solennellement dans l'église de Segni -. Des troubles qui se produisirent en Angleterre portèrent bientôt Henri lui-même à rendre à son tour un hommage public à la mémoire de l'archevêque. Nés de dissentiments entre ce prince et ses fils, ces troubles avaient entraîné une guerre civile, dans laquelle les souverains de France et d'Ecosse, le comte de Flandre et d'autres seigneurs prirent parti contre le roi, et où il se vit un moment en péril de perdre sa couronne. On .regarda cette guerre comme un effet de la colère divine qui punissait dans sa personne le meurtre de Thomas ^ Voulant ramener les esprits en sa faveur, Henri résolut de faire pénitence sur la tombe même de l'archevêque, placée au lieu où l'attentat avait été commis. Revêtu d'un cilice et pieds nus, il partitdel'église de Saint-Dunstan, située à quelque distance do la ville de Cantorbéry, se rendit au tombeau du saint, et là, en présence d'un certain nombre de prélats, qui, tour à tour et sur sa demande, le frappaient de coups de discipline, il demeura prosterné un jour et une nuit*. Tel fut le dernier acte
1. Boson. Vila Alexand, Walterich, t. II, p. 419. Cf. Baron, anno 1172, n» 2-9. — lïôfélé, Conc. t. VII, p. 47o, 476.