Zellei-, Hist. d'AUem, t. IV, p
do leurs anciens privilèges, tandis que Frodcric ne voulait ni traiter avec Alexandre, ni abroger les statuts de Roncaglia, ces pourparlers demeurèrent sans résultat, et les hostilités recommencèrent *.
Frédéric, qui, à l'ouverture des négociations, avait renvoyé fiu delà des Alpes la plus grande partie de son armée, expédia aussitôt des ordres pour rappeler en Italie la féodalité allemande. Mais les princes, plus encore que les évèqucs qui s'étaient tous compromis dans le schisme, étaient las d'un aussi long conflit, et cette fois le plus puissant de ces princes, Henri le Lion, duc de Saxe et de Bavière, fils de cet autre Henri qui avait jadis disputé l'Empire à Conrad, refusa son concours. C'était enlever à l'empereur le contingent d'une partie considérable de l'Allemagne. En vain Frédéric eut-il avec lui une entrevue dans laquelle la légende raconte qu'il alla jusqu'à se jeter aux genoux de son vassal pour le ramener à sa cause *. Affaibli par cette défection, il ne laissa pas do se porter avec résolution contre les Lombards, qu'il attaqua, le 29 mai 117G, à Legnano. Il se crut, au début, assuré de la victoire. Mais les Milanais, qui, serrés autour du char où flottait leur bannière, avaient d'abord opposé comme un mur inébranlable aux chocs répétés de la cavalerie allemande, s'étant avancés sur le lieu de l'action, enfoncèrent l'armée impériale qui se débanda et s'enfuit en désordre, laissant derrière elle nombre de prisonniers et de morts. Frédéric, qui avait perdu dans la mêlée son épée et son bouclier, se vit lui-même obligé de prendre la fuite et, au bout de trois jours, pendant lesquels il s'était dérobé à toutes les recherches, rentra le soir secrètement dans Pavie ^
Après cette défaite, aussi désastreuse pour ses armes qu'humiliante pour son orgueil, Frédéric, que les princes et les évoques menacèrent d'abandonner s'il ne se réconciliait avec l'Eglise, sentit enfin son impuissance à continuer la lutte.
1. Otto de S. Blas. c. 23. — Zeller, HisL d'Allem. t IV, p. 241-245.