Alexand. ep. 33, 522, 714, 800, 934, 1084, Migne
2. « pignitas sedis apostolicse, quse in appellationibus ex majori parte consistit. » Ep. 1231, anno 1175-1176.
monastères qui ont obtenu cette funeste liberté sont tombés dans un plus grand trouble. Et ce n'est pas seulement aux abbés qu'on peut reprocher cet esprit de licence. Si vous ne remédiez promptement à ce mal, il est à craindre que les évoques ne se retirent aussi de la sujétion des archevêques, les doyens et les archidiacres de celle de leurs évoques, et qu'il n'y ait bientôt plus enfin de subordination *. »
Ce n'est pas qu'Alexandre, dont les intentions étaient droites et la piété sincère, se montrât indifférent au bien de la religion et à la discipline de l'Église. Mais lors même que ces privilèges si inconsidérément prodigués, ces exemptions, ces appels n'eussent pas été pour l'Église de Rome un moyen de consolider ou d'accroître son pouvoir, comment eût-elle renoncé à des abus où elle trouvait une source de revenus ? Depuis que, devenue un gouvernement, elle avait étendu son action sur tous les États chrétiens, le besoin d'argent avait été pour elle de plus en plus impérieux. Alexandre s'était vu plus particulièrement aux prises avec cette nécessité. Privé, durant tout le cours du schisme, des revenus qu'à titre de souverain temporel il eût dû percevoir sur les États de l'Église, il avait été contraint d'y suppléer par d'autres ressources. II avait prescrit des collectes dans les diocèses, demandé aux évoques des avances sur le denier de saint Pierre, envoyé partout des agents cliargés de réclamer le cens auquel étaient obligées les abbayes et les églises placées par les exemptions sous l'autorité immédiate de Rome*. On n'ignorait pas dans le clergé que des considérations pécuniaires étaient plus d'une fois la cause qui portait alors le saint-siège à octroyer ces exemptions. En il 75, l'abbé de Malmesbury, en contestation avec l'évêque de son diocèse dont il refusait de reconnaître la juridiction, disait : « Les abbés sont bien misérables et bien lâches de ne pas anéantir la puissance des évêques, quand, pour une once d'or payée annuellement à Rome, ils peuvent se rendre libres^. »