‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 258 sur 357 · Gonc. Lateran. anno 1179, can · texte numérisé non relu

Gonc. Lateran. anno 1179, can

7. Matthieu Paris (ou de Paris), qui écrivait au siècle suivant, se faisait encore l'écho de cette opinion en disant : « statuta omni laude dignissima. » Chron. maj. anno 1179.

évêques; mais il ne cherchait, par aucune prescription, à contenir les exactions de ses légats, exactions parfois si outrées, que Jean de Salisbury disait de certains d'entre eux « qu'ils se jetaient sur les provinces, comme si Satan eût été détaché do la face du Seigneur pour flageller l'Église *. » Il ne prenait do même aucune mesure pour réprimer, dans le collège des cardinaux, ces actes de vénalité que l'affaire do Thomas Beckct n'avait que trop révélés, et qui faisaient dire, non toutefois sans exagération, à un archidiacre d'Oxford, Gautier Map, venu à Rome pour le concile : « J'ai visité la capitale du monde; j'y ai vu ces cardinaux avides qui vendent sans scrupule le patrimoine du Crucifié *. » Il y avait assurément des hommes intègres dans le sacré collège, et, de l'aveu de Gautier Map, Alexandre n'y était pas seul à lutter contre les vices dont il était témoin. Mais les contemporains, dans ce qu'ils connaissaient de la cour de Rome, étaient surtout frappés du spectacle des abus. Telle était l'opinion que quelques-uns se faisaient de cette cour, qu'on accusa Alexandre d'avoir convoqué un concile général moins pour le bien de l'Église que dans un intérêt pécuniaire. Cette accusation ne semblait pas tout à fait sans fondement. Tous les évêques de la chrétienté avaient été invités au concile ; trois cents seulement y assistèrent; les autres, en grand nombre, qui ne purent ou ne voulurent s'y rendre, furent dispensés pour de l'argent '.

En dépit de tant d'accusations^ dirigées contre l'Église romaine et malgré les ébranlements d'un aussi long schisme, le pouvoir qu'Alexandre allait léguer à ses successeurs de-

1. « Legati sedis apostolicsB... in provinciis ita debacchantar, ac si ad £cclesiam flagellandam egressus ait Satan a facie Domini. » Joann. Sarisb. Polycr. 1. V, c. 16.

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