GuUelm. Neabrig. Rer. Angl, 1. III^ c
meuraiL le plus grand de la chrétienté. Non seulement la papauté avait conservé sur le clergé orthodoxe, — auquel s'était maintenant rallié le clergé schismatique, — la même autorité qu'elle possédait avant ces événements; mais elle l'avait accrue. Le Décret de Gratien, entré alors pleinement dans l'enseignement ecclésiastique, n'avait pas été étranger à cet accroissement. Il semblait que, dans l'Église, on ne fut désormais quelque chose que par la papauté ou auprès d'elle. Un des prélats les plus considérables de l'Occident, Guillaume, archevêque de Reims, le même qui avait été élu évêque de Chartres treize ans auparavant et qu'Alexandre voulut, au concile do Latran, honorer d'une grâce particulière, regarda comme une faveur d'ajouter à son titre de métropolitain cehii de prètre-cardinal de l'Église romaine *. Conformément aux principes établis par (îratien, les décrétales des papes commençaient à former le fonds même de la législation ecclésiastique, et celles, en grand nombre, qu'avait publiées Alexandre, réunies en un recueil ^, constituèrent dès lors une partie importante du droit canon ^ D'après les traditions de rÉglise, les canonisations ne pouvaient être prononcées que dans les conciles généraux, et les pontifes qui jusqu'ici s'étaient attribué le droit de canonisation avaient eu soin de déclarer qu'ils ne l'exerçaient que par exception et contrairement aux anciennes règles. Alexandre fut le premier qui prononça des canonisations en vertu de la seule autorité apostolique et sans rappeler les traditions. Ainsi avait-il fait, en 1173, pour Thomas Becket; ainsi lît-il, un an après, pour l'abbé de Clairvaux, Bernard *. II y a plus; on ne voyait déjà
1. Baron, anno 1179. n» 13. Cf. Marlot, Melrop. Remens. t. II, p. 410.