L\ COUR DR ROME
tir lui-inèine, par le motif, disait-il, que, n'ayant pas encore de postérité, il ne pouvait, sans préjudice pour sa couronne, s'exposer aux périls d'une guerre aussi lointaine *. Les députés se rendirent ensuite en Angleterre, où ils arrivèrent dans le mois de février 118S. Ils se présentèrent devant Henri II et, lui exposant Tétat malheureux de leurs frères d'Orient, le prièrent d'accomplir le vœu qu'il avait fait jadis de s'armer contre les InQdèles. Le roi soumit cette requête à une assemblée de barons et de prélats que, le mois suivant, il réunit à Londres. Les uns soutinrent qu'en raison de son vœu il était obligé de partir; les autres que son premier devoir était de veiller à la paix et à la sûreté de ses États. Henri se rangea au second avis et resta; mais il promit de l'argent. « Nous cherchons un prince et non de l'argent, répondit le patriarche avec une douleur mêlée d'indignation; on nous offre de l'argent de tous côtés; ce qu'il nous faut, c'est un homme ^. »
A la fin de cette année 1185, le 23 novembre, Lucius mourait à Vérone, en lutte sourde avec Frédéric, et sans avoir pu rentrer dans la capitale de la catholicité que continuait à lui fermer l'hostilité des Romains. Telle était cependant l'idée que, jusque chez les Infidèles, on se faisait de la puissance du saint-siège, que Saladin, écrivant au pape, cette même année, pour lui proposer un échange de prisonniers, lui disait: w Nous savons que tous les chrétiens vous obéissent et vous craignent ^ » Le jour où Lucius expirait, les cardinaux portaient au pontificat, sous le nom d'Urbain III, Hubert CriveHi, archevêque de Milan. Plus avancé en âge que le dernier pape, il ne devait occuper la chaire apostolique que pendant moins de deux ans, qu'il passa, comme lui, en exil à Vérone. Presque au lendemain de son avènement, le 27 janvier 1186, était célébréo en grande pompe dans la ville de Milan, jadis