Rigord. Gesia Phil. Aug. anno H85. (éd. F. Dclaborde
2. « Principem qusfirére venimus, non pecuniam... ; vinim appelimus. » Rog. de Hoved. Voy. Pagii not. 8-10 apud Baron, anno H85.
3. ff Scimus quod omnes Christiani vobis obediunt et vos pertimescunt. » Rad. de Dicnlo, Imag. hisior.
enriemio de Frédéric et, depuis le traité de Constance, devenue son alliée, Tunion habilement préparée par ce monarque entre son fils Henri et la princesse Constance. En présence do princes et d'évèques de l'Empire, de barons siciliens et de nombreux députés des cités italiennes, un archevêque allemand couronna Constance reine de Germanie, et le patriarche d'Aquilée, remplissant à certains égards Toffice auquel s'était refusé Lucius, couronna Henri roi d'Italie et « César » K Ce mariage, qui assurait le royaume de Sicile aux Hohenstaufen, portait un coup sensible aux intérêts temporels du saint-siège, dont les possessions allaient se trouver resserrées au nord et au midi par les forces de l'Empire. Urbain partageait au sujet de Frédéric les défiances de son prédécesseur. N'ayant pu s'opposer à cette union, il avait voulu du moins empêcher que le fils de Frédéric ne reçût la couronne d'Italie; et, comme au titulaire do l'archevêché de Milan appartenait, d'après les traditions, le droit de la conférer, il ne s'était pas dessaisi de son siège archiépiscopal, violant ainsi lui-même les lois ecclésiastiques qui interdisaient la pluralité des bénéfices. Sous prétexte que le patriarche d'Âquilée avait excédé ses attributions, mais, en réalité, parce qu'il s'était associé à un acte préjudiciable à l'indépendance territoriale de l'Église romaine, il le suspendit de ses fonctions et frappa de la même peine les prélats qui l'avaient assisté dans cette cérémonie*.
Cette question sans cesse renaissante du pouvoir temporel du saint-siège, soit que ce pouvoir fût directement attaqué, soit qu'il fût mis en péril par le voisinage d'un État trop puissant, préoccupait dans l'Église plus d'un esprit éclairé. Si Ton ne songeait pas à en nier la légitimité, quelques-uns en contestaient les avantages, en voyant dans quelles diffi-
1. a AquUeiensis patriarcha coronavit Henricum regem teutonicum et ab ea die vocatus est Gaesar. » Had. de Diceto. — «Fredericus imperator... ibi (Mediolani) fecit Heinricum filium suum CQsarem. » Armai. Roman. (Pertz., 88.. t. V. p. 479).
2. Sigehert, contin. Aquicinct. Cf. Pagii not. 17, 18, apud Baron, anno 1186.
cultes il engageait la cour do Rome et sans doute aussi les abus auxquels, pour le défendre, elle se laissait trop souvent entraîner. Le prêtre Godefroy de Viterbe adressait alors au pontife un écrit où, après avoir rappelé la donation de Constantin et abordé certaines de ces considérations, il concluait par ces mots : « Si Ton compare la grandeur présente de rÉglise à son humilité passée et qu'on se demande lequel de ces deux états est le plus agréable à Dieu, j'avoue que je n'en sais rien. Beaucoup disent que, si l'état actuel est plus heureux, le premier était plus saint. D'autres préconisent l'état actuel, ajoutant qu'il n'a rien d'incompatible avec les vertus apostoliques, puisqu'il est de foi que des hommes qui ont été investis en ce monde de la royauté temporelle jouissent présentement de la vue de Dieu. Pour moi, je m'en tiens au sentiment de l'Eglise romaine, notre mère, et j'estime qu'elle doit posséder ce qu'elle possède, puisqu'elle ne peut tomber dans l'erreur K »
La sentence dont Urbain avait frappé le patriarche d'Aquilée était, au fond, dirigée contre Frédéric. Il l'attaqua bientôt ouvertement, « cherchant par tous les moyens, dit un contemporain, à humilier la dignité impériale *. » Frédéric se préparant alors à marcher sur Crémone qui, en haine de Milan, avait rompu avec l'Empire, il défendit aux prélats de la Lombardie, sous peine d'excommunication, de prêter assistance au monarque ^. Sous le pontificat précédent, une double élection avait eu lieu au siège archiépiscopal de Trêves; Urbain manda à Vérone celui des deux élus que repoussait l'empereur et le sacra de sa main *. Il contesta en outre à Frédéric le droit, établi par l'usage, de percevoir en Allemagne les revenus des évêchés vacants, disant que ce prétendu droit était une exaction et que les prélats, dépourvus de ressources à leur entrée en charge, « étaient contraints,
1 Godef. Viterb. Panthéon (Murât, script, t. VII, p. 3C0, 36i).
2. Ge$t. Trevir, archiep. apud Martene, ampL coll. t. IV, p. 216.
3. Lettre de Tarchevôque de Magdebourg à Urbain, Watterich, t. II, p. 676.