‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 271 sur 357 · Arnold. Lubec. 1. III, c · texte numérisé non relu

Arnold. Lubec. 1. III, c

Lo roi de Franco, Pliilippo Auguste, le roi d'Angleterre, Henri II, avec son fils aîné Richard, comte de Poitiers, célèbre depuis sous lo nom de Cœur de Lion, Philippe, comte de Flandre, et, à leur exemple, une foule de seigneurs et de prélats prirent la croix *. Frédéric lui-même, voulut, malgré son âge, s'associer à cette expédition. Dans une diète à Mayence, qu'on appela la diète du Christ et à laquelle assistait, en qualité de légat, lecardinal-évèque d'Albano, il reçut en pleurant, des mains do Tévcque de Wurtzbourg, l'emblème de la croisade, que reçurent avec lui, en grand nombre, les princes et les évoques présents à l'assemblée -. Pour subvenir aux frais de l'expédition, il fut décidé en France, en Angleterre et dans d'autres États de l'Europe, que tous ceux qui ne prendraient pas part à la croisade offriraient la dîme do leurs revenus '. Ce fut ce qu'on nomma la dîme saladine. Dans divers synodes, des canons furent publiés pour réformer les mœurs des séculiers et des clercs *. Au sortir de la diète de Mayence, le cardinal d'Albano, s'étant rendu à Liège, y parla si fortement contre les vices du clergé et en particulier contre la simonie, que soixante-six ecclésiastiques résignèrent spontanément leurs bénéfices '. Il n'y eut pas jusqu'aux membres du sacré collège qui ne se sentissent gagnés par ce mouvement d'austérité. Avant môme la mort de Grégoire, ils avaient' fait serment de prêcher la croix du Christ, non pas seulement par la parole, mais par les œuvres ; de ne recevoir aucun présent de quiconque aurait un procès en cour de Rome ; de renoncer désormais à leur faste, et de ne pas monter à cheval, tant que la terre sacrée où s'étaient posés les pieds du Sauveur serait foulée par ceux des Infidèles ®.

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