‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 278 sur 357 · Petr. Blesens. ep. 64, Migne, t · texte numérisé non relu

Petr. Blesens. ep. 64, Migne, t

poct qu'ils vous doivont no soit pas altéré, quand ils voiont quo, dans une conjoncture si grave et qui touclie tout un royaume, vous n'avez pas même chargé un nonce de parler en votre nom à ce monarque pervers? Il arrive souvent que, pour des motifs de peu d'importance, des cardinaux, revêtus, h titre de légats, d'une autorité considérable, se rendent chez les nations éloignées; et, pour une cause si douloureuse et à laquelle tant d'intérêts sont attachés, vous n'avez envoyé encore ni un sous-diacre, ni môme un acolyte ! C'est parce que mon fils est malheureux, que vous l'abandonnez; heureux et puissant, il eut suffi d'un simple appel de sa part, pour que vos cardinaux fussent aussitôt accourus vers lui, parce que, connaissant sa générosité, ils eussent espéré s'enrichir des dons de sa munificence. On ne le voit que trop aujourd'hui; ce n'est ni le respect do Jésus-Christ, ni l'honneur de l'Eglise, ni la paix dos royaumes, ni le salut des peuples qui détermine la cour do Rome à envoyer ses légats, mais le besoin d'argont ou la cupidité K »

Pressé de tant de côtés à la fois, le pontife se décida enfin à sévir. Il frappa d'excommunication le duc d'Autricho et, d'une manière générale, tous ceux qui avaient pris part à l'emprisonnement du roi d'Angleterre. Henri VI se trouvait implicitement compris dans la sentence; mais le pape, par prudence, s'abstenait de l'y nommer, et il se contenta d'écrire aux prélats d'Angleterre que l'empereur serait personnolloment soumis à l'anathème, s'il ne se hâtait de rendre la liberté au souverain captif*. Henri, qui pénétrait les motifs de la prudence du saint-siège, ne consentit à délivrer Richard que moyennant une rançon considérable. Outre cent millo marcs d'argent que co prince s'engagea à verser avant sa mise en liberté, il devait, sept mois après, donner trente autres mille marcs à l'empereur et vingt au duc d'Autriche. Pour le paiement de cette rançon, les comtes et les barons

1. a Legatos liodio facit quœstus, non respectas Cbristi, non honor Ecclesm, non regnorum pax aut populi salua. » Petr. Blesens. ibid, ep. 144. Cf. ep. 145, 446.

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