‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 280 sur 357 · Otto de S. Blas. c · texte numérisé non relu

Otto de S. Blas. c

pieds. L'astucieux monarque, qui, pour arriver plus sûrement à bout (le ses desseins, avait promis la clémence, se montra vainqueur impitoyable. Sous prétexte d'une conspiration qu'il disait avoir été tramée contre sa personne, il condamna à l'exil, jeta en prison ou fit périr dans les supplices tous ceux qui, dès le début de l'expédition, ne s'étaient pas déclarés en sa faveur. Des évoques même furent incarcérés ou frappés de bannissement. Afin d'anéantir dans l'esprit des populations toute idée de retour vers la famille de Tancrède, il envoya dans un monastère au fond de TAllomagne l'infortunée Sibillc et fit crever les yeux à Guillaume III. Il porta la violence jusqu'à profaner la cendre de Tancrède, et, voulant le punir, après la mort, de l'usurpation dont il s'était rendu coupable, fit jeter ses restes hors de l'église où ils étaient inhumés K Ainsi prit fin, au sud de l'Italie, la domination normande et s'opéra, conformément aux vœux de Frédéric Barberousse, la réunion du royaume de Sicile à l'Empire.

Du fond de son palais de Latran, le vieux et faible pontife avait vu s'accomplir cette conquête de Naples et do la Sicile; et, malgré son alliance avec la dynastie normande, |^il n'avait pas plus protesté contre les cruels traitements infligés au fils de Tancrède et aux Siciliens qu'il n'avait protesté, quatre ans auparavant, contre la destruction de Tusculum. Il assista à de nouvelles entreprises et bientôt à de nouveaux excès. Non seulement Henri ne demanda pas l'investiture du royaume de Sicile au pape, dont il semblait ainsi contester la suzeraineté; mais, retenant au mépris des traités tout l'héritage de la comtesse Mathilde, il voulut, par la création de plusieurs grands fiefs au centre de l'Italie, assurer son autorité sur cette partie de la péninsule. A son frère Philippe, qui l'avait suivi en Sicile, il conféra le duché de Toscane, à l'allemand Conrad d'Urslingen celui de Spolète, à un autre allemand, Markwald d'Anweiler, le marquisat d'Ancône et le duché de Romagne *. Peut-être le pontife, atteint directement

i. Ricc. de S. Germ. — Rog. de Hoved.

Page 1