‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 282 sur 357 · Annal. Marbac. (Pertz, ss. t. XVII, p · texte numérisé non relu

Annal. Marbac. (Pertz, ss. t. XVII, p

verains de TEuropo des idées de hardiesse, et Cclestin se vit bravé par Philippe Auguste dans une conjoncture où son autorité, à de plus justes titres, eût dû être respectée. Ce prince, qui, devenu veuf d'Isabelle de Hainaut, avait épousé une sœur du roi de Danemark, la belle et vertueuse Ingeburge, et qui Tavait aussitôt délaissée, avait obtenu d'une assemblée d'évéques, présidée à Compiègne par Tarchevèque de Reims, que ce mariage fût annulé pour cause de parenté. 11 avait porté Tinjure envers la malheureuse Ingeburge jusqu'à la faire enfermer dans un monastère et Ty priver des ressources nécessaires à la vie *. Sur les plaintes du roi de Danemark, le pape envoya à Paris deux légats chargés de procéder à une enquête et d'exhorter Philippe à rappeler auprès de lui la jeune reine. Mal reçus par le roi et craignant son ressentiment, ils n'osèrent accomplir leur mission *. Au défaut de ses légats, le pontife se chargea lui-mémo de l'enquête. S'étant fait adresser une généalogie de cette princesse, il cassa la décision des évêques qui avaient annulé le mariage, menaça de les déposer, et, par une lettre du mois de mai 1193 où il notifiait cette sentence, enjoignit à Philippe de reprendre l'épouse injustement répudiée ^ Non seulement le roi ne tint aucun compte des injonctions du pape ; mais, au mois de juin do l'année suivante, il épousait la fille d'un duc de Tyrol, Agnès de Méranie, sans que Célestin intervînt davantage dans une cause qui ressortissait directement à sa juridiction, et où ses exhortations et ses ordres avaient été également méprisés.

De plus graves événements attiraient en ce moment, il est vrai, l'attention du pontife. Henri avait échoué en Allemagne dans son dessein de rendre l'Empire héréditaire ; quelques princes seulement y avaient donné leur adhésion ;

1. Voir l'étude de H. Géraud, Ingeburge de Danemark^ reine de France, Bibl. de VÈc. des Chartes, année i844.

2. (( Canes mnti non valentes latrare, timentes ctiam pelli susb, nihil ad perfectum deduxerunt. » Rigord. De gest. Phil. Aug.

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