‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 283 sur 357 · Célestin. III ep. 212, 214, Migne · texte numérisé non relu

Célestin. III ep. 212, 214, Migne

la plupart, sans la refuser expressément, avaient différé do se prononcer K Mais, durant toute une année qu*il avait employée à CCS soins, les populations de la Sicile, impatientes du joug allemand, avaient recommencé à s'agiter. Craignant pour sa nouvelle royauté, Henri se détermina à repasser les Alpes, et, dans Tété de 1196, sous prétexte d'achever les préparatifs maritimes de la croisade, il reparaissait dans la Haute Italie. Sans interrompre sa marche, il lit une dernière tentative pour réaliser son projet d'un Empire héréditaire. 11 demanda à Célestin de couronner son fils Frédéric comme son futur successeur ^, dans la pensée que cette consécration anticipée entraînerait l'assentiment des princes. De Turin, d'où il avait envoyé dans cette intention des députés au pape, il avait gagné l'État ecclésiastique et s'était arrêté dans les environs de Rome, croyant par sa présence intimider Célestin et forcer sa décision. Il attendit inutilement une réponse favorable que, moins encore que les princes, le pontife était disposé à lui donner. Il parut alors renoncer à son projet, et, faisant savoir en Allemagne qu'il lui suflîsait pour le moment que sim fils fut, selon les anciennes coutumes, élu roi des Romains, il entra dans le royaume de Sicile ^

Son retour y fut signalé par les mômes violences auxquelles il s'était livré deux ans auparavant. Soit que cette fois une conspiration eût été effectivement ourdie contre lui par le parti normand, soit que, méditant de soumettre le reste de ritalie et voulant d'avance effrayer ses adversaires, il feignît de croire à une conjuration dont il prétendait que les Lombards et le pape lui-même étaient complices *, il ordonna de nouveaux supplices et fit décapiter, jeter à la mer ou brûler vifs tous ceux qui étaient supposés avoir pris part au

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