‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 287 sur 357 · Schmidt, Histoire des Albigeois, t. I, p · texte numérisé non relu

Schmidt, Histoire des Albigeois, t. I, p

2. (( Tarn in hiimano qiiam in divino jure perituB. » Gest. Jnnoc. c. 2, Migne, Oper. Tnnoc. III. t. 214-216. Il avait étudié à Paris et h Bologne.

3. dit (icrit, l'uu des plus connus au moyen âge et l'un des premiers imprimés à la fin du xv« siècle, était intitulé : De contemplu muiidi.

Par un changement analogue à celui que les communes italiennes commençaient alors à introduire dans leur organisation politique et qui préparait pour Tavenir la fin de leur indépendance, les Romains, en ces dernières années, avaient remplacé par un sénateur unique les cinquante-six magistrats annuellement élus dont se composait le sénat K Cette innovation favorisa les vues du pontife. Sans toucher en apparence à la constitution que s'étaient donnée les Romains, il revendiqua comme un privilège du saint-siège et obtint du peuple par ses largesses le droit de désigner luimôme le sénateur, dont il reçut le serment de fidélité et par lequel il eut désormais la haute main sur la municipalité romaine *. Il obligea au même serment les nobles de Rome et des environs. Se fondant en outre sur une clause du traité de Venise qui, depuis la mort d'Alexandre III, n'avait pas été observée, il exigea que le préfet de la ville, s'engageant envers lui dans les liens d'une plus étroite soumission, lui prêtât hommage-lige ^, et, par cette mesure, acheva de se rendre prépondérant dans le gouvernement de la cité.

Une fois assuré de l'obéissance des Romains, Innocent porta son attention sur les provinces de l'Italie centrale occupées par les impériaux. Les populations, qu'avait enhardies la mort de Henri VI, s'y étaient partout insurgées contre la domination allemande. Profitant de ces dispositions, il envoya des cardinaux parcourir la Roniagne, la Marche d'Ancône, la Tos-

4. Cette innovation datait de l'année 1191. On peut croire toutefois, d'après Ho^i^er de Hoveden, que les Romains en 1194 revinrent à Tancienne constitution; mais elle fut de nouveau abandonnée, car, en 1196, on constate la présence d'un seul sénateur. Gregorovius, Storia di Roma, t. IV, p. 720-723.

2. Voir ce serment dans Gregorovius, ibid. t. V, p. 28, 29. Pour parler exactement, on doit dire que le pape ne nommait pas directement le sénateur, mais une sorte d'arbitre (medianus) qui était chargé de le désigner, ce qui, en fait, aboutissait au même résultat.

3. « Petrum, urbis prsefectum, ad ligiam fidelitatem recepit et per mantum, quod illi donavit, de priefectura eum publiée investi vit. » Gest. Innoc, c. 8. Alexandre III, lors de son retour à Rome en 1178, avait exigé du préfet l'hommage lige ((( ad pedes Alexandri accedens, confirmata sibi prîefectura, ejus liomo devenit. » Romuald Salerii.); mais ce fait ne parait pas s'être reproduit depuis la mort de ce pape.

3i8 LIVUE CINQUIÈME

cano, pour y soutenir la révolte, pendant que lui-même se rendait à cette intention dans le duché de Spolète. K Le duc de Toscane, Philippe, auquel Henri, peu de temps avant sa mort, avait conféré le duché de Souabe, était alors retourné en Allemagne. Repousses par Teffort armé des populations, menacés ou frappés d'excommunication par les délégués pontificaux, le duc Marcwald et les autres chefs allemands abandonnèrent les domaines du saint-siège dont ils s'étaient emparés et qui furent replacés dans la dépendance du pape. A l'imitation des cités lombardes, les villes de la Toscane, telles que Florence, Lucques, Sienne, Arezzo, s'étaient liguées entre elles pour se défendre contre les impériaux. Sans se soumettre à la suzeraineté qu'en vertu du legs de la comtesse Mathilde Innocent eût voulu leur imposer -, elles conclurent du moins une intime alliance avec l'Église romaine et s'engagèrent à ne reconnaître ni duc, ni empereur sans son assentiment'. De leur côté, les communes lombardes renouvelèrent plus étroitement la ligue qu'elles avaient formée sur la fin du dernier pontificat *, et, en moins d'une année,;la puissance impériale se trouva comme anéantie au centre et au nord de l'Italie.

Dans l'Italie méridionale, les conjonctures ne furent pas moins favorables au pape. Demeurée en Sicile après la mort de Henri VI, l'impératrice Constance, que rendait chère aux populations son origine normande, avait appelé dans ses conseils les barons du pays, enjoint aux Allemands de sortir de l'île et fait couronner à Païenne, comme roi de Naplcs et de Sicile, son fils Frédéric II *. Rétablissant, dans l'intérêt du jeune prince, des liens de vassalité dont s'était afl*ranchi Henri VI, elle demanda pour lui au pape l'investiture du

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