‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 288 sur 357 · mai · texte numérisé non relu

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royaume. Innocent suivit la conduite que, dans une occasion analogue, avait tenue Célestin. Il ne consentit à conférer cette investiture que si, à l'exemple de Tancrèdo, Constance renonçait pour elle et pour son fils aux articles du traité de Bénévent qui limitaient dans ses États les libertés de TÉglise et les droits du saint-siège. L'impératrice accepta ces conditions, et la bulle d'investiture allait lui être transmise *, quand une circonstance vint accroître Tautorité d'Innocent au delà même de son attente. Le 28 novembre 1198, Constance mourait à Palerme, laissant un testament par lequel elle instituait le chef de l'Église tuteur de Frédéric et régent du royaume ^. Innocent s'empressa d'adhérer à des dispositions qui, en lui livrant la Sicile jusqu'à la majorité do Frédéric, lui permettaient d'y affermir son pouvoir comme pape et comme suzerain. Il envoya à Palerme un cardinal chargé de prendre en main la tutelle, de recevoir les serments de fidélité qu'on lui devait à titre de régent ^ et d'établir l'autorité du saintsiège sur un royaume dont la possession allait achever d'étendre son influence sur toute la péninsule.

En reconnaissant comme souverain de l'Italie méridionale Frédéric II, déjà élu roi dos Romains, Innocent n'entendait pas plus que ses prédécesseurs voir le sceptre de la Sicile et celui de l'Empire réunis dans la même main. Mais les événements avaient encore sur ce point devancé ses vœux. Aussitôt qu'avait été connue au delà des Alpes la mort de Henri VI, les princes et les prélats do l'Allemagne, se dégageant des serments qu'ils avaient prêtés lors de l'élection de Frédéric en la diète de Francfort, avaient résolu de procéder à une nouvelle élection. Après plusieurs mois d'une agitation qui avaitrendu l'Allemagne « semblable aune mer que tous les vents ont soulevée*, » deux partis s'étaient formés. L'un, qui, tout en repoussant Frédéric à cause de son extrême jeunesse,

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