Ep. I, 557. — Gest. Innoc. c
4. « Totam terram (ÂlemanniaB) non minus turbalam quam mare ab om« nibus ventis. » Reg, imper, ep. 136.
350 LIVRE (UXQUIÈME
demeurait attache aux Hohcnstaufen, s'était déclaré pour le frère de l'empereur défunt, Philippe, duc de Souabe; Tautrc, que dirigeait Tarchevcque do Cologne, Adolphe, un adversaire des llohenstaufen, avait élu un descendant des Welfcn, Otton, duc do Brunswick, fils de cet Henri le Lion qui avait abandonné Frédéric Barberousse à la veille de la bataille do Legnano, et neveu de Richard, roi d'Angleterre. Ces divisions s'augmentant de la vieille rivalité des Wiblingen et dos Welfen, chacun des deux partis s'était opiniâtre dans son choix, et les deux élus avaient été couronnés, Otton, le 12 juillet 1198, à Aix-la-Chapelle, Philippe, le 8 septembre, à Mayence*.
De cette double élection était sortie la guerre civile. A la vérité, les forces no semblaient pas égales entre les compétiteurs. Philippe do Souabe, maître dos riches et vastes domaines des Hohcnslaufon, était reconnu par la plupart des princes et des évoques de l'Empire et avait on outre pour allié le roi de France, Philippe Auguste 2, ennemi lui-même du roi d'Angleterre. Otton, qui ne possédait guère en Allemagne que son duché de Brunswick, ne comptait qu'un petit nombre d'adhérents et tirait de la protection de Richard, qu'animait une haine personnelle contre les llohenstaufen, son principal secours. Sentant son infériorité, le duc do Brunswick, aussitôt après son couronnement, avait envoyé des députés au pape l'assurer de son dévouement et lui demander de le soute nir contre son rival, « moins, disait-il, pour ses propres mérites, que parce que Philippe était un excommunié, un ennemi de l'Eglise ^ » Le roi d'Angleterre et l'archevêque de Cologne s'étaient hâtés également d'écrire à Innocent on faveur d'Otton *. « Il n'y a pas doux princes dans le monde, écrivait Richard,
1. Pour celte lutte de Philippe de Souabe et d'Otton de Brunswick, voir dans La Papauté au Moyen-Age, p. 293-350, le chapitre intitulé: Innocent III et Otton de Brunswick.
2. Un traité d'alliance fut conclu entre le duc de Souabe et Philippe Auguste, le 29 juin 1198. Dumont, Corps diplom, t. J, if* part. p. 124.