‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 290 sur 357 · Ibid. cp · texte numérisé non relu

Ibid. cp

qui soient plus désireux que mon neveu et moi do servir votre Majesté*. » Sans que le duc de Souabe eût sollicité luimême un appui que vraisemblablement il jugeait superflu, le roi do France avait de son côté plaidé à Rome la cause de son allié ^. L'importance de ces événements n'avait pas échappé à la prudence d'Innocent. Il ne voyait pas seulement, selon ses vœux, Frédéric exclu do la couronne impériale; alors que, pou auparavant, l'Empire menaçait l'Église romaine de tout le poids de sa puissance, une voie s'ouvrait maintenant devant l'Église romaine pour peser à son tour sur les destinées de l'Empire. Bien que déjà il fût résolu secrètement à favoriser Otton, il ne. répondit pas d'abord à ces sollicitations, et, dans la pensée que les deux partis se décideraient à invoquer son arbitrage, il se contenta de mander aux princes et aux évoques de l'Allemagne que, s'ils ne parvenaient à s'accorder, il .userait de ses prérogatives apostoliques pour mettre lui-même un terme à des divisions préjudiciables à TÉglise et aux peuples^.

Tandis qu'Innocent étendait ainsi son pouvoir ou son influence sur ritalie entière et suivait d'un œil attentif les troubles de l'Allemagne, il prenait de premières mesures pour arrêter les progrès de l'hérésie. Au lieu de laisser aux évoques, selon les dispositions du décret de Vérone, le soin de rechercher et de poursuivre les hérétiques, il chargea de cet office des délégués du saint-siège. En même temps qu'un cardinal était à cet efl'et député en Lombardie^ deux moines de Tordre de Citcaux eurent mission de se rendre dans le midi de la France. Des lettres adressées aux archevêques d'Aix, d'Arles, d'Auch, de Narbonno, de Vienne, de Lyon et à leurs suffragants leur ordonnaient d'assister ces religieux dans l'accomplissement de leur mandat et de se conformer à toutes leurs décisions. Les princes, comtes et seigneurs de ces

i. « Nec vîvunt in mundo duo principes christiani qui adeo desiderabililer vestrae majestati studeant deservire. »

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