Sous le pontificat d'Etienne IX
5. « Non debere Ambrosianam ecclesiam romanis legibus subjacere,nul
En Allemagne, Topposition fut encore plus vive, mais à un autre titre, et le pape dut renoncer à Tespoir d*y faire accepter ses mesures de réforme. Le décret sur les élections pontificales, l'alliance du saint-siège avec les Normands, avaient porté au plus haut point le mécontentement de la cour impériale. Non seulement, au mépris des services rendus par elle lors de l'usurpation de Benoit X, le saint-siège prétendait ne lui laisser désormais qu*un rôle amoindri et incertain dans la nomination des papes, mais il semblait vouloir substituer en Italie sa propre influence à celle de l'Empire. Tel était ce mécontentement, qu'un cardinal, envoyé de Rome pour remettre, avec ce décret, des lettres particulières du pontife, ne put pénétrer auprès du jeune souverain et dut remporter « closes et scellées » les lettres dont il était chargée On ne se borna pas à cette démonstration injurieuse. Les grands de la cour et quelques évèques, se réunissant en synode, flétrirent la conduite de Nicolas II et cassèrent ses décrets. On cessa, en quelque sorte, de le considérer comme pape ; son nom fut rayé du canon de la messe*, et tout annonçait une lutte prochaine entre le saint-siège et l'Empire, lorsque ce pontife fut surpris par la mort le 27 juillet 1061.
L*élection de son successeur devint le signal de la lutte. Le parti féodal de Rome, impatient de sa récente défaite, profita de ces divisions pour essayer de se relever de nouveau. Par une politique habile, il résolut alors de s'unir à l'Allemagne contre la papauté, comme peu auparavant la papauté s'était unie à l'Allemagne contre lui. Il envoya à Henri IV des dé-
lamqne jadieandi vel disponendi yim romano pontifici in il1& sede competere. Nimis indignum, inqaiunt, ut quœ... semper extitit libéra... nune alteri ecclesia ait subjecta 1 » Petr. Dam. apud Baron, anno 1059, n« 45 et 88.
1. « Stephanus cardinalis presbyter, cum apostolicis litteris ad aulam regiam missas, ab aulicis administratoribus non est admissus; clausum itaque signatumqae mysterium concilii, cujus erat gerulus, retulit. » Petr. Dam. DisceptatU) synodaUs. •
2. Petr. Dam. ilnd. Cf. Anselm. lucens. eontrà Guibert 1. 11, Migne« t. 149.
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pûtes lui représenter qu'il avait succédé à son père dans la dignité de patrice, lui en offrir les insignes et lui demander d'intervenir à ce titre dans le choix du futur pape. Les évoques et les prêtres de Lombardie, en haine des réformes auxquelles on les voulait contraindre, adressèrent de leur côté à la cour impériale des délégués qui portèrent les mêmes vœux. Déjà circonvenue par les grands do l'Allemagne et croyant protéger les droits de son fils, l'impératrice Agnès céda à ces instigations. Elle convoqua pour les derniers jours d'octobre, à Bâle, un concile dans lequel on devait remettre au jeune monarque les marques du patriciat et procéder ensuite à la nomination d'un pape ^
Par cette décision, la cour d'Allemagne s'attribuait sur le saint-siège les mêmes droits que s'était arrogés Henri III, et dont Hildebrand avait voulu la déposséder une première fois par le fait de l'élection d'Etienne IX et, d'une manière définitive, par le décret de 1059. C'étaient tout ensemble l'indépendance de la papauté et l'œuvre do la réforme qui se trouvaient en péril. Hildebrand, dont l'ascendant s'était encore accru sous le dernier pontificat, résolut de devancer l'événement. Il rassembla hors de Rome, où l'on pouvait craindre les violences de la faction féodale, le collège des cardinaux, et, le 30 septembre 1061, fit élire pape l'évêque de Lucques, Anselme, qui, mené aussitôt à Rome par des troupes normandes, y fut sacré le lendemain sous le nom d'Alexandre II, sans que le consentement de la cour d'Allemagne eût été sollicité *. Hildebrand s'abstint-il de demander ce consentement, ainsi que le déclarait plus tard un de ses partisans ^ parce qu'il considérait comme supprimé do fait, en raison de l'hostilité de la cour impériale, le semblant de privilège que concédait à Henri IV le décret du concile de Latran? Cette hostilité lui fut-elle, au contraire, un prétexte pour ne pas observer ce décret dans ce qu'il avait encore à ses yeux de trop favo-
1. Annales Romani, — ^erthold. Annales, anno 1061. — Bonitbo, 1. VI.