‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 291 sur 357 · iU ep. 2 (3 mail · texte numérisé non relu

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4. Ep. I, 298. Cf. Schmidt, Hist. des Albigeois, 1. 1, p. 147, 148.

provinces recevaient également l'injonction de les seconder de leur appui, et étaient avertis que, faute par eux de prêter leur concours, rexcoinmunication serait prononcée contre leurs personnes et l'interdit sur leurs terres*. A Tégard des contrées soumises à sa juridiction temporelle, Innocent, agissant à la fois comme pape et comme souverain, ordonnait que, partout où seraient trouvés des hérétiques, ils fussent bannis et leurs biens confisqués. « Lors même que les fils de ces liérétiqucs seraient reconnus orthodoxes, écrivait-il au mois de mars 1199 aux magistrats de Viterbe, une fausse commisération ne doit pas vous empêcher de recourir à ces sévérités. Si la loi civile punit do mort les criminels do l^semajesté et confisque leurs biens, laissant par miséricorde la vie seulement à leurs fils, à plus forte raison ne doit-on pas craindre de frapper dans leur postérité ceux qui, par leurs attentats contre la foi, outragent la majesté divine *. »

Ces prescriptions, par lesquelles Innocent ne faisait, à vrai dire, que remettre en vigueur le décret de Vérone, n'étaient guère encore qu'une menace. Ce qu'à ce moment il avait le plus à cœur, peut-être dans le dessein de relever par quelque grand événement le prestige du saint-siège, c'était le recouvrement de la Terre sainte. Dès l'été do 1198, il enjoignait aux évêques . d'Italie, do Sicile, de France, d'Angleterre, de Hongrie, dans les termes les plus pressants, d'appeler de toutes parts les fidèles à la croisade. « Que partout se lèvent les fils de l'Église, écrivait-il, et qu'ils s'élancent au secours de Jésus-Clirist ! Supporteront-ils sans honte d'être bravés par les Sarrazins qui disent avec audace : Nous avons repoussé les Francs, les Anglais, les Allemands, et nous occupons en maîtres les contrées qui furent le berceau de votre superstition; où est il votre Dieu qui ne peut délivrer ni lui, ni les siens de nos mains victorieuses^ ? » Il remit lui-même la croix à deux de ses cardinaux, qu'il envoya l'un en Italie et l'autre

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