‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther;Chapitre 305 sur 357 · Ep. V, 161, 162 (février 1203); VI · texte numérisé non relu

Ep. V, 161, 162 (février 1203); VI

encore les détourner de leur route. L'empereur de Constantinople, Alexis L'Ange, était parvenu à TEmpire, quelques années auparavant *, en dépossédant du trône son frère Isaac, auquel il avait fait crever les yeux. Le fils du souverain détrôné, appelé aussi Alexis, après avoir été retenu, comme son père, dans une étroite captivité, avait réussi à s'évader, et, lorsque les croisés se disposaient à se rassembler à Venise, il était allé en Allemagne solliciter l'appui de Philippe de Souabe pour rentrer dans ses droits *. Philippe, qui avait épousé une fille d'Isaac, et qui peut-être avait lui-même, comme naguère Henri VI, des vues secrètes sur l'Empire grec, s'associa aux revendications d'Alexis. Il envoya demander aux croisés de le rétablir sur le trône, promettant, au nom de ce prince, que, dès qu'il aurait recouvré la couronne, il leur fournirait, avec une somme de deux cent mille marcs, un contingent de dix mille hommes pour la Terre sainte, et, ce qui devait loucher plus particulièrement leur piété, qu'il replacerait les Grecs dans l'obédience de Rome ^. Ces propositions, portées d'abord à Venise, où elles avaient été acceptées par les Vénitiens et les chefs principaux des croisés *, furent soumises à Zara au consentement « du commun de l'armée. » Dans l'adhésion qu'y avaient donnée les Vénitiens, « attachés avant tout à leur marine et à leur commerce ^ » faut-il voir, comme on l'a dit, le dessein non avoué d'empêcher une attaque contre l'Egypte, avec laquelle ils entretenaient alors, dans l'intérêt de leur négoce, des relations régulières, dessein qui les aurait poussés également à provoquer l'expédition de Zara ? Bien que le fait ait été insinué par quelques chroniqueurs, on ne saurait l'affirmer *. Ce

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